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  • Title: Catégorie:Sports-loisirs - Wikithionville
    Descriptive info: Catégorie:Sports-loisirs.. la citoyenneté à travers la pratique sportive.. AJL Thionville Judo.. Pages dans la catégorie « Sports-loisirs ».. Cette catégorie contient 24 pages, dont les 24 ci-dessous.. A.. ATGRS (GYMNASTIQUE RYTMIQUE ET SPORTIVE) TOUTES LES INFOS GENERALES POUR LA NOUVELLE SAISON 2010/2011.. Allez les filles, foot et préjugés.. Arnaud Zolver, une vocation précoce.. Atelier vidéo au centre de loisirs de la Côte des roses.. Ateliers artistiques au Lycée La Briquerie 2013.. C.. Calendrier des associations.. C (suite).. Capoeira à Thionville !.. Centre aéré au Centre Le  ...   fort!.. D.. Décastreet 2011.. Décastreet 2012.. F.. Foot féminin à Terville.. H.. Hervé Mergey, une vie.. L.. La Briquerie fait son cinéma.. P.. Paroles de bénévoles.. R.. Raid Citoyen 2011.. Raid Citoyen 2012.. Roza : l'Arménie, le judo et le tremblement de terre.. T.. Tournoi Foot féminin de Metz.. V.. Visite du Théâtre municipal.. Y.. Yves Priso Ekobo et Cyriaque Nguemeleu, un rêve de gosse.. php?title=Cat%C3%A9gorie:Sports-loisirs.. Catégorie.. Dernière modification de cette page le 11 septembre 2012 à 06:26.. Cette page a été consultée 5 997 fois..

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  • Title: Fichier:Agt utilities.png - Wikithionville
    Descriptive info: Fichier:Agt utilities.. png.. Fichier.. Historique du fichier.. Utilisations du fichier.. Pas de plus haute résolution disponible.. Agt_utilities.. (48 × 48 pixels, taille du fichier : 4 Kio, type MIME : image/png).. Licence :.. Nous, créateur de cette œuvre ou ayant droit, n'autorisons aucune réutilisation de cette oeuvre sans notre autorisation, en dehors des exceptions permises par la législation française sur.. la propriété intellectuelle.. Cliquer sur une date et heure pour voir le fichier tel  ...   anciennes) (.. 20.. |.. 50.. 100.. 250.. 500.. ).. Date et heure.. Miniature.. Dimensions.. Utilisateur.. Commentaire.. actuel.. 22 mai 2012 à 14:01.. 48×48.. (4 Kio).. Thierry leger.. (.. discuter.. contributions.. Modifier ce fichier en utilisant une application externe.. (Consulter.. les instructions d’installation.. pour plus d’informations).. La page suivante utilise ce fichier :.. php?title=Fichier:Agt_utilities.. :.. Modèles Licences.. Dernière modification de cette page le 22 mai 2012 à 14:01.. Cette page a été consultée 2 105 fois..

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  • Title: Catégorie:Travail - Wikithionville
    Descriptive info: Catégorie:Travail.. CLIQUEZ SUR LES LIENS CI-DESSOUS POUR OUVRIR LES ARTICLES.. Le travail à 20 ans.. Série de portraits de jeunes thionvillois face à l'expérience du travail.. [1].. }.. Pages dans la catégorie « Travail ».. Cette catégorie contient 40 pages, dont les 40 ci-dessous.. A la découverte du Barnum, foyer du Nest.. Abdelkader Djelouat, l'invité franco-algérien.. Andre lhommé : le plaisir d'apprendre.. Arcelor-Mittal vu par les enfants.. B.. Bernard Lavilliers soutient les sidérurgistes de la Vallée de la Fensch.. Bérangère Richard : construire intelligent.. Chandre : rencontre avec un auteur de BD.. Devenez écoutant bénévole à S.. O.. S Amitié.. E.. Eddy Thein, une vie militante.. Emmanuel Hauter, à la recherche de Manolo Prolo.. Espèce de travail.. Festival Le Réel en vue, Exposition  ...   de Thionville.. Les femmes modernes vues par les enfants.. Luigi Carbonara, de l'Italie à la chaussée d'Océanie.. M.. Marc Betou: du monde du travail à l'éducation technique.. M (suite).. Marcel Herpeux, des laminoirs de Thionville à la photographie.. Michel Loizeau, toute une vie à la Sollac.. Michel Puccio : le commerce, une forme de liberté.. O.. Oliviero Arena a sa dignité.. Paola Morelli, pompier social à la côte des roses.. Présentation de l'e2c Thionville.. Reportage sur les femmes et le travail.. Thérèse Zehner, bénévole à l'AFAD.. Témoignages de stagiaires de l'e2c.. U.. Un p'tit tour à Bénévoles Cithi.. Usine de retraitement des eaux usées.. php?title=Cat%C3%A9gorie:Travail.. Dernière modification de cette page le 2 août 2012 à 13:10.. Cette page a été consultée 3 597 fois..

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  • Title: Fichier:Keditbookmarks.png - Wikithionville
    Descriptive info: Fichier:Keditbookmarks.. Keditbookmarks.. Description.. Source=.. everaldo.. com/crystal/?action=downloads.. Ce document est un.. logiciel libre.. : vous pouvez le redistribuer et/ou le modifier selon les termes de la.. licence publique générale limitée GNU.. , tels que publiés par la.. Software_Foundation Free Software Foundation.. soit la version 2.. 1 de cette licence ou (à votre choix) toute version ultérieure..  ...   GARANTIE ; sans même les garanties de commercialisation ou d'adaptation dans un but spécifique.. Se référer à la.. GNU Lesser General Public License.. pour plus de détails.. 17 décembre 2009 à 10:57.. Wikilierre.. (Source=http://www.. com/crystal/?action=downloads).. php?title=Fichier:Keditbookmarks.. Dernière modification de cette page le 17 décembre 2009 à 10:57.. Cette page a été consultée 2 565 fois..

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  • Title: André Alexandre, grandir en temps de guerre, de l'évacuation de Thionville à l'expulsion - Wikithionville
    Descriptive info: André Alexandre.. [4].. habite Thionville et il raconte ici l'évacuation de la ville avant l'arrivée des allemands puis son retour avant d'être expulsé avec sa mère en France libre.. C'est l'histoire d'un petit garçon débrouillard et inventif qui apprend à tirer le meilleur parti de la vie dans les conditions les plus difficiles.. André Alexandre n'a pourtant jamais eu le sentiment de crouler sous la catastrophe, il parle de sa chance, il s'agit en outre de son ouverture au monde et de sa curiosité insatiable de la vie.. André a à peine dix ans, sa mère, de santé fragile, tient une épicerie et son père est prisonnier.. 1939.. Je n'aime pas les allemands, je les déteste.. Mon père m'a raconté, il sait très bien de quoi il parle: en 1914 il avait neuf ans comme moi et il était orphelin.. Son père venait de mourir dans un accident de travail, c'était la guerre et l'évacuation et il allait passer quatre ans de privations à Milli-la-Martine à travailler comme un homme.. Sommaire.. 1.. RUMEUR DE GUERRE.. 2.. RADIO MOSCOU.. 3.. DÉCLARATION DE GUERRE.. 4.. ENFERME DANS UN SAC.. 5.. LES FEMMES PRENNENT LA RELÈVE.. 6.. LA PIQURE.. 7.. 1940.. LA DRÔLE DE GUERRE.. 8.. ÉVACUATION.. 9.. RÉFUGIÉS A COLLONGE.. 10.. RETOUR A THIONVILLE.. 11.. LE TEMPS DES RESTRICTIONS.. 12.. UNE BELLE HISTOIRE.. 13.. UN BÉRET FRANÇAIS.. 14.. LA RAFLE.. 15.. LE TRAIN.. 16.. DU PALAIS DE LA FOIRE A SISTERON.. 17.. PREMIÈRE ÉTAPE EN PROVENCE.. 18.. GABRIEL.. 19.. DEUXIÈME ÉTAPE, LA MOTTE DU CAIRE.. L’ENFANT DE CHŒUR.. 21.. LA PRÉCARITÉ.. 22.. RETOUR A ÉCOLE.. 23.. LA SAILLIE.. 24.. LA DÉBROUILLE.. 25.. UNE PURE JOIE.. 26.. FRAYEUR NOCTURNE.. 27.. LE MINOT ALEXANDRE.. 28.. GINOU ÉCLAIRE L'ÉTÉ.. 29.. UNE AMIE QUI TOMBE A PIC.. 30.. LA VIE A MARSEILLE.. 31.. LA LIBERTÉ.. 32.. YVONNE.. 33.. LES ITALIENS.. 34.. LE CERTIF.. 35.. LE MAQUIS.. 36.. L’HÔPITAL DE DIGNES.. 37.. BOMBARDEMENT DE SISTERON.. 38.. LIBÉRATION.. 39.. LA VIE EN PENSION.. 40.. ALEXANDRE PREMIER.. 41.. MONSIEUR GRAVIER.. 42.. LE RETOUR DU PRISONNIER.. 43.. BALLE PERDUE.. 44.. ENTREZ DANS LA DANSE.. 45.. LA SÉPARATION.. 46.. ÉTERNEL RETOUR.. 47.. TÊTE DURE.. 48.. LES VRAIES RETROUVAILLES.. 49.. LA VIE ADULTE.. DES ENFANTS DANS LA GUERRE.. mon père et ma mère devant le magasin avant la guerre.. Aujourd'hui mon père est inquiet.. [5].. : il dit que l'Allemagne a signé un pacte de non agression avec la Russie alors que l'an passé, c'était avec la France et que les communistes ont perdu la cote d'amour.. Il ne peut plus parler de ce qu'il sait, on lui répond « moi je ne fais pas de politique ».. Il craint pour notre avenir.. Si les allemands nous envahissent il sera enfermé dans une forteresse de la ligne Maginot et il lui sera impossible de nous protéger.. Il réfléchit au moyen de nous tirer de là au cas où et il achète une Simca cinq à crédit avec l'idée qu'elle nous permettra de nous sauver au bon moment.. Il écoute les nouvelles du monde entier sur un poste radio qu'il a commandé à paris dans une maison spécialisée.. On n'en trouve pas ici: dix lampes, quatre gammes d'ondes courtes plus un réglage d'affinage, il est à sélectivité variable, il est antifading, il a un œil magique, il vaut le quart du prix de la voiture.. Mon père n'est pas plus rassuré pour autant.. Les bulletins de l'étranger diffusés en français disent que nous sommes les plus forts: « notre puissance de feu, notre ligne Maginot, nos bases retranchées … Nous vaincrons ».. J'écoute radio Moscou, c'est très intéressant car leur micro est placé en extérieur et j'entends les bruits de la place rouge.. On entend des voitures rouler et je suis étonné car ici on dit que les russes sont pauvres, qu'ils n'ont presque rien et surtout pas de voitures.. Qui croire? Je ne comprends pas tous les mots des chroniqueurs, belligérants, plénipotentiaire.. Mon père a l'oreille collée au poste, il ne faut pas le déranger mais je demande quand même : « dis papa, prolétaire c'est la même chose que propriétaire? Et les belligérants, ils gardent les moutons? » Mon père hausse les épaules: "propriétaire et prolétaire c'est exactement le contraire!".. Il faut que j'arrête de poser des questions idiotes.. Radio Stuttgart scande son slogan favori: « les anglais donnent leurs machines, les français donnent leurs poitrines.. ».. J'entends Big Ben carillonner à Westminster et les anglais chantent it's a long way to tipperary, it's a long way to you.. De l'autre côté de la frontière, notre voisin hargneux et belliqueux harangue le monde entier avec sa radio nationale, c'est le führer.. Il a perdu la guerre de 14-18 et il n'accepte pas le poids des dommages de guerre que doit l'Allemagne aux vainqueurs de 18.. Hitler a aussi sa conception personnelle des frontières de l'Europe: une vielle histoire l'oppose aux polonais, c'est une histoire de couloir et de dancing, il envahit la Pologne.. Les polonais sont nos amis.. Il y en a plein qui travaillent dans nos usines en France pour faire les travaux les plus sales et les plus pénibles.. D'ailleurs, mon meilleur copain est polonais.. C'est Adam Boskiewicz, je trouve qu'il est plus intelligent, plus loyal et plus propre que mes copains italiens.. Je sais aussi tous les couplets de l’internationale.. Les gens ne connaissent que le refrain et me demandent la partition complète: je fais mon cinéma en chantant sur un ton de confidence.. Je hausse la voix pour le refrain, les deux poings serrés sur ma poitrine.. On m'a défendu de chanter ça au magasin.. Donc la France déclare la guerre à l'Allemagne le deux septembre trente neuf et envoie l'infanterie à l'assaut.. Mon père est mobilisé.. Les troupes ne disposent que de quelques véhicules réquisitionnés et camouflés à la hâte.. Les allemands ne réagissent même pas, c'est mauvais signe.. Ils ont parsemé la frontière de pièges à feu qui font plus de bruit que de mal et que les paysans d'ici utilisent aussi pour effrayer renards et sangliers.. Ces petits canons en fonte pèsent moins de deux kilo mesurent vingt centimètres la mise à feu est provoquée par la traction d'un petit fil tendu : on les commande à Manufrance.. D'habitude on les charge à blanc, là c'est avec de la chevrotine.. Les fantassins les appellent des pièges à con.. Ma grand-mère maternelle décède subitement.. On la retrouve morte auprès de son loulou de Poméranie.. On dit que c'est mieux pour elle.. Que ça lui évitera les aléas d'une autre guerre.. Son chien est bien triste.. Il a peut-être deviné qu'il est de trop.. Lorsque on doit se défaire d'une bête dont on ne veut plus il est d'usage de l'enfermer dans un sac avant de la jeter dans la Moselle.. Un oncle se chargera de cette besogne.. Mon père parle beaucoup de cette guerre idiote en Espagne et du sort des enfants espagnols victimes du caudillo Franco.. Les enfants de proscrits sont enfermés dans des camps, mal nourris brutalisés et obligé de travailler.. La nuit, leurs geôliers s'amusent d'eux.. Il me regarde et dit « et celui-là, que va t-il devenir? Faut-il le mettre dans un sac et aller le jeter dans la Moselle?».. Ainsi tout doit finir si tôt et si mal.. Je n'ai que neuf ans mais je sais que mon père a toujours raison.. Ce n'est pas gai mais c'est la guerre.. Je dois subir mon sort.. Je perds tout entrain, je maigris et je suis fatigué.. Je ne parle presque pas.. Mon père s'en aperçoit au cours d'une permission et à la permission suivante il revient avec la superbe bicyclette promise pour la distribution des prix du mois de juillet.. Mais serai-je encore là en juillet?.. Je remercie mon père mais je ne veux qu'une chose : apprendre à nager.. « Comment? Mais il fait bien trop froid pour aller nager en ce moment! » le ponton flottant sur la Moselle qu'on a appelé du grand nom de Thionville-plage est fermé en hiver mais moi, j'ai l'anxiété de finir dans un sac et je demande si les chiens savent nager.. Mon père comprend tout et me rassure enfin et pour s'excuser me dit qu'il va me prendre avec lui dans sa ligne Maginot.. Il y connait une bonne cachette où il viendra partager chaque jour sa gamelle avec moi avec du pain et de l'eau : il n'y a pas de limonade pour les soldats.. LES FEMMES PRENNENT LA RELÈVE.. A Thionville il n'y a presque plus d'hommes.. Ils sont mobilisés.. Les femmes doivent accomplir les tâches de leurs maris.. Celle du laitier, madame Brocli, doit livrer chaque jour les clients de son mari : de bien lourds bidons de lait à porter par temps de grand froid et de neige.. La camionnette de livraison peine à démarrer, madame Brocli s'acharne à tourner la manivelle.. Elle s'épuise.. Elle prend froid et attrape une pneumonie.. Elle meurt en quelques jours en laissant un petit garçon.. Tout le monde est triste.. Les masques à gaz ont été distribués.. Ils existent en trois tailles et les enfants doivent aller en classe avec leur masque dans une cartouche cylindrique portée en bandoulière.. Rien n'est prévu pour les bébés.. Monsieur François le boulanger a été aussi mobilisé et c'est son beau père, Monsieur Hanstet qui reprends le fournil aidé de deux jeunes mitrons.. Sa fille est partie s'abriter à Pagny sur Meuse car ses deux jumeaux n'ont pas de masque à gaz à leur taille.. Le pain est bon et c'est ma mère qui se charge de le vendre dans son épicerie de l'avenue Albert 1er.. Les choses deviennent sérieuses: à Thionville le génie civil creuse des trous dans les piles du pont pour y placer des charges explosives.. Chaque nuit le ciel de la ville est balayé par un faisceau lumineux.. Bien qu'on n'entende aucun avion, je sais que les allemands sont capables de tout et je me demande s'ils ne vont pas nous bombarder en traitres en se servant de planeurs silencieux.. Je n'arrive pas à m'imaginer qu'en fait, ils sont à portée de canon.. La défense passive se met en place et désigne par un logo représentant une croix de Lorraine rouge sur fond blanc, les immeubles assez solides pour résister aux bombardements.. Un abri anti-aérien est creusé au bout de l'avenue Albert 1er à l'emplacement du futur l'immeuble Charlemagne.. Et une puissante sirène est installée sur le toit du lycée du même nom.. Un coup long pour le début d'alerte, trois coups courts pour la fin d'alerte.. Le lycée Charlemagne est une école privée.. Cela fait deux ans que je le fréquente et je vois les rangs de mes copains juifs s'éclaircir de jours en jours.. J'ai un pressentiment.. Je prends cette école en grippe: après tout, elle a été construite en 1912 par les allemands.. Ses grandes portes, ses hautes fenêtres ne sont pas à une échelle normale, ce bâtiment est dangereux, je ne veux plus y séjourner.. Ma mère cède et me fait entrer dans une petite école de la rue de la vieille porte à l'ambiance familiale, je préfère ça.. année 1937-38 à Charlemagne, André est debout sur la rangée du milieu en partant de la gauche( la photo de l'année suivante ici.. Vient le jour de la vaccination, la piqure de guerre, celle qui fait mal et qui oblige à rester à la maison le lendemain.. Mon père l'a déjà eu dans sa ligne Maginot : un solide soldat a eu un malaise et s'est étalé de tout son long après la piqure.. Sa tête a frappé une armoire métallique et le bruit a attiré tout le monde.. Ils se sont moqués de lui.. C'est mon tour d'être vacciné, je sais que je vais passer en premier à cause de mon nom qui commence par A, les infirmières préparent leur matériel, l'eau bout dans une bassine en inox rectangulaire, on m'appelle, je me force à sourire.. ouf j'ai tenu le coup, même pas mal, à vous les gars.. On est des durs.. un stuka, bombardier allemand.. Des avions allemands font maintenant des incursions dans le ciel de la ville en plein jour.. C'est pour nous effrayer et nous pousser à partir mais ça ne marche pas.. Alors ils envoient des obus.. Madame Falk est sur son balcon en curieuse avec sa petite fille dans les bras quand un obus éclate: elle est mortellement touchée et je vois la petite Danielle maculée du sang de sa mère mais indemne.. La guerre tue.. L'évacuation de bêtes des fermes des environs est décrétée : c'est la pagaille en ville.. L'avenue Albert 1er voit passer en flot serré les vaches affolées qui traversent la ville.. Leurs veaux sont déjà partis pour l'abattoir et les pis des vaches sont enflés de lait: elles souffrent et marchent avec difficulté.. je les entends meugler après leurs petits et pour avoir de l'eau.. Les chevaux glissent sur les pavés à cause de leurs fers.. En voilà un qui s'est cassé la patte en tombant.. Quelqu'un le couvre d'une couverture.. Elle se soulève sous l'effet d'un pet.. Un militaire s'approche pour achever l'animal.. Un fardier de ramassage arrive, je me sauve.. l'entrée du fort de kobenbusch.. Mon père nous fait sa dernière visite en bicyclette.. Il vient du fort de Kobenbusch,.. [6].. à douze kilomètres d'ici où les choses ont bien changé en une nuit.. Il dit que les chefs autoritaires sont partis en catimini à bord de voitures de tourisme réquisitionnées.. Les sous-offs ont pris la relève et la discipline est relâchée: les soldats font du farniente devant la porte du fort.. Mai 1940.. Ville de Lorraine dans le secteur de la 4e armée touchée par un bombardement aérien allemand(.. http://blitzkrieg.. fr/forum/viewtopic.. php?t=3059 sid=1c81be544891cf13ab60285bb2e2ab8f.. C'est le 15 mai 1940 et c'est le tour des gens d'être évacués.. Pour certains nous valons moins que des bêtes.. Et si elle sont parties en premier c'est qu'elles, en cas de disette grave, on peut les manger et pas nous.. Ma mère n'a pas encore son permis de conduire donc pas de Simca.. Nous rejoignons le convoi des prolétaires qui se rassemble place de la vieille porte.. Nous n'emportons que ce que nous pouvons porter.. Assis sur ma valise je regarde mon lycée détesté.. Mes yeux lancent des bombes et je le vois s'écrouler en ruine.. Autour de moi les bagages et les sacs de jute s'empilent, le grand-père Hanstet est là avec une hotte en osier sur le dos d'où dépassent les choses encombrantes qu'il a pris avec lui: c'est une bonne idée.. Par sécurité, le départ se fait de l'ancienne gare désaffectée de Beauregard dont les quais ont étés démonté en 1878.. Les anciens ont bien du mal à grimper dans les wagons.. Le train nous emmène d'abord à Metz où nous sommes hébergés dans le temple protestant qui se trouve entre les deux bras de la Moselle.. Il est facile à surveiller et les accès rapidement condamnables.. Des religieux nous visitent et nous donnent leur bénédiction et de petites médailles saintes.. Puis nous repartons de la gare de Metz après un contrôle méticuleux.. Notre voisine, madame Bretnaker, est prise d'une crise de nerfs : elle crie, se débat et nous supplie de ne pas monter dans ce train.. Elle dit que les voies sont minées et que nous allons tous mourir.. L'équipe sanitaire s'occupe d'elle, la calme et la soutient pour monter dans le train.. Le train démarre.. Je ne sais pas où nous allons.. Les wagons sont très vieux: on monte directement dans chaque compartiment par une porte extérieure qui donne sur les deux banquettes.. L'usage des toilettes est interdit à l'arrêt du train.. Les sabots en fonte des freins font un tel barouf quand ils crissent avant l'arrêt qu'on ne risque pas de se tromper.. Je regarde défiler les traverses de chemin de fer par le trou d'aisance.. C'est le début du mois de mai et il fait déjà chaud.. Le train s'arrête souvent et longtemps pour laisser passer des trains prioritaires.. Mais il doit éviter les gares en état d'alerte.. Nous restons donc coincés des heures interminables sur des voies de garage où il n'y a rien à boire.. Les noms des gares sont masqués mais quelqu'un sait que nous allons vers Dijon: nous traversons d'immenses champs de colza en fleur, n'est-ce pas avec ça qu'on fait la moutarde? Autour de moi dans le wagon, personne ne sait.. RÉFUGIÉS A COLLONGE.. À Dijon ma mère et moi arrivons exténués, des bus nous emmènent dans notre village d'accueil qui s'appelle Collonges les premières.. Dans la cour de l'école, les gens sont là pour nous choisir et ma mère, malgré mes protestations, me débarbouille rapidement avec un mouchoir humide et tente de mettre de l'ordre dans mes cheveux bouclés.. Je proteste que je ne vais pas à un concours d'élégance, je ne connais pas encore l'importance d'une bonne présentation.. Une dame sympathique s'avance vers nous, c'est la femme du chef de gare.. Elle nous propose de partager les repas avec son mari et son fils et de dormir dans une mansarde meublée avec WC et lavabo sur le palier.. Bien sûr nous acceptons.. La gare est toute petite et j'ai déjà repéré une lapinière derrière: si on m'y autorise, je pourrais m'occuper des lapins.. Mais ma mère ne veut pas peser sur ces gens et elle trouve bientôt un cabanon de jardin aménagé que nous allons nettoyer tous les jours: il est inoccupé depuis longtemps et et envahis de mauvaises herbes.. La radio annonce la progression de l'ennemi.. Tout recommence, les allemands avancent sans trêve et les gens d'ici sont terrorisés.. Pour eux, les allemands sont des brutes sanguinaires et ils fuient tous en catastrophe.. Ma mère reste impassible, elle en a assez de ces pérégrinations qui ne sont pas sans danger et elle préfère rester et voir la suite des évènements.. Même pas peur! On en a vu d'autres!.. La famille du chef de gare est déjà partie, je le vois quand il saborde les armoires techniques, les connections électriques et le téléphone.. Il nous confie sa maison.. Il compte sur nos rudiments d'allemand pour empêcher le saccage de ses biens et me demande de continuer à prendre soins de ses lapins.. Il nous donne libre accès à son garde-manger et cela nous aidera pendant l'exode.. Les poules et les lapins courent dans les rues désertes, les bêtes ont étés lâchées.. Personne ne sera là pour les nourrir.. Chaque fois que j'attrape un lapin je le mets dans la lapinière du chef de gare.. Les allemands sont arrivés, les gens de Collonges reviennent peu à peu.. Le chef de gare se demande comment son cheptel de lapins a fait pour augmenter.. Le boulanger est revenu aussi, nous avons du pain.. Quelqu'un récupère une vache, un autre sait la traire, nous avons du lait.. J'avais espéré ne jamais revoir les allemands encore moins les côtoyer, je pense à la laitière et à la voisine, mortes toutes les deux, je pense à Verdun que j'ai visité.. Ils me donnent du chocolat et passent la main dans mes cheveux blonds.. Ils sont gentils et je n'aime pas ça.. Ils sont déçus que je ne parle pas allemand comme ma mère.. Une équipe de quatre hommes est venue réparer les installations électriques et téléphoniques détruites.. Ils se déplacent sur les voies de chemin de fer en poussant un plateau monté sur boggies à l'aide de longues perches.. Je demande s'ils ont besoin d'un coup de main et je suis fièrement nommé auxiliaire câbleur.. Je suis chargé de préparer les petits straps d'interconnexion et de surveiller les gamelles : nous partons pour la journée.. l'exode sur les routes de France en juin 40.. La famille de ma marraine nous a rejoint à Collonges.. Ils sont venus à bord du camion de l'entreprise familiale, ils sont couvreurs.. Ils décident de rentrer et ma mère veut rentrer aussi pour sauver ce qui peut l'être.. Mais je m'en fous pas mal, je veux rester ici où on ne parle que le français, m'occuper des lapins et continuer à bricoler notre nouvelle maison.. le camion du retour, un Berliet cba de 1913( cliché fondation berliet.. org).. J'ai beau implorer ma mère, je pleure, en vain.. Je me sauve au moment d'embarquer mais rien n'y fait, les couvreurs m'ont pris à bras le corps et j'ai beau me cramponner, ils me balancent comme un sac par dessus la ridelle arrière du camion.. C'est un camion si vieux que personne ne l'a réquisitionné! Nous rentrons tassés à l'arrière du camion avec les provisions de lait.. Le voyage est long et pénible : il faut contourner les ponts qui ont sauté et les pneus du camion sont pleins et durs.. Nous sommes tellement secoués qu'une petite boule de beurre s'est formée toute seule à la surface du lait.. Nous sommes le 12 juillet 1940 et notre Odyssée a duré quarante deux jours.. Nous rentrons à la maison.. Tout est intact ce qui n'est pas toujours le cas car les soldats de la ligne Maginot en déroute se sont livrés au pillage en se repliant.. Ils cherchaient des choses de valeur légères à emporter: ils ont fait plus de dégâts que de profit.. Par contre l'épicerie de ma mère est pleine de souris.. Je n'aurai pas du mettre Filou notre chat à la porte avant notre départ.. J'essaie de l'appeler mais sans succès.. J'espère qu'il n'est pas fâché pour toujours.. En attendant j'installe toutes les tapettes à souris qu'il y a dans le magasin.. Un matin je trouve une souris prise au piège et juste à côté une petite souris minuscule et tremblante.. J'essaie de la faire fuir en lui faisant peur, peine perdue, elle reste impassible.. Je suis incapable de la tuer, il faudrait pourtant.. Mais je décide de la garder dans une petite boite en carton ouverte sur le dessus.. Elle ne mange rien.. Aucune autre souris ne lui viendra en aide.. C'est la guerre pour elle aussi: elle meure seule.. LE TEMPS DES RESTRICTIONS.. la queue rue Lepic à Paris en 40.. Ma mère veut rouvrir son épicerie.. Le stock est fortement endommagé et gâté et elle téléphone à son grossiste Mielle Cailloux à Metz.. Leur camions de livraison ont étés réquisitionnes mais il y a des marchandises en stock et il nous faut trouver un transporteur pour venir nous approvisionner nous-même.. Ma mère est en effervescence, aucune autre épicerie n'a réouvert, tout va recommencer comme avant grâce au camion de ma marraine! Maintenant il faut tout nettoyer.. Je lève le rideau de fer du magasin et déjà les gens se pressent contre la vitrine.. Ils ne veulent pas attendre demain, ils sont déterminés à acheter tout ce qu'il pourront et en quantité.. Le ton monte dans l'épicerie et ma mère me dit de baisser le rideau: les gens se calment et tout le monde finit par sortir : ils ne veulent pas d'histoire avec les autorités.. Et ils n'ont pas tord car la gestapo, que tous craignent, arrive et veut savoir la raison du tapage.. C'est la première fois que nous avons affaire à eux: ils parlent d'ordre nouveau et ils disent bien à ma mère que nul ne pourra s'y soustraire: je ne comprends rien.. Ma mère explique qu'elle n'y est pour rien, qu'elle va réapprovisionner le magasin demain, et qu'il y en aura pour tout le monde.. Le lendemain à Metz je vois des gens arrêtés dans la rue avec leurs enfants.. Ce sont des familles juives et je pense en tremblant aux enfants espagnols dont me parlait mon père en 40.. En voyant ça j'ai la gorge serrée et je suis glacé.. A Thionville, la synagogue est détruite par un incendie: les allemands empêchent les pompiers d'éteindre le feu, même les murs sont détruits à jamais.. Ça me fait quelque chose, j'ai toujours admiré ce bâtiment: la synagogue était bien plus belle que notre église.. Notre église? je ne l'aimais pas avec sa façade imposante comme pour cacher la misère: un vrai trompe l’œil.. Bref, quand j'étais tout petit, je voulais toujours aller à la synagogue avec mes petits copains juifs.. Mon père disait que c'était impossible, nous n'avions pas le même dieu et puis qu'ils me couperaient le zizi!.. La belle affaire: il oubliait que je savais qu'on me l'avait opéré à la naissance par hygiène.. [7].. Mon père répondait:"tu sais eux, ils en coupent un peu plus".. Cela me donnait à réfléchir car je ne voulais surtout pas de ça!.. http://judaisme.. sdv.. fr/synagog/moselle/expo/synagog.. htm.. Un soldat de la ligne Maginot passe à Thionville et nous apprend qu'il a été capturé avec mon père près de Rambervillers.. Lui-même a été libéré de suite parce qu'il est né près de Thionville.. Il dit que mon père est incarcéré dans l'ancienne caserne Gibon à Rambervillers et qu'il va être libéré bientôt.. Je me demande si les allemands libèrent les prisonniers par ordre alphabétique ou bien à l'envers.. En tout cas ma mère décide d'aider mon père à tout prix.. Elle parle allemand et pas lui : elle part pour Rambervillers.. Je veux partir aussi bien sûr.. Mais elle revient peinée de la gare: pas de train en service pour cette destination.. Qu'importe! Elle ira en bicyclette.. Rambervillers est à 140 km d'ici mais ma mère irait sur les genoux tirer mon père des griffes des allemands.. Elle fera autant d'étapes qu'il le faudra.. Ma mère me confie quelques jours à madame Donval, une voisine et quand elle revient, elle a plein de choses à raconter.. Pourquoi cette blessure au genou? Ce n'est rien , une chute à vélo.. Elle me raconte l'émotion des retrouvailles avec mon père, il va bien.. Elle me raconte l'entrevue avec le commandant du camp et comment mon père a reçu la mission de récupérer les véhicules abandonnés ou endommagés faute de chauffeur allemand.. Il a donné sa parole de ne pas s'évader: a quoi bon prendre des risque alors qu'il va être libéré? Je suis émerveillé, ma mère est une vraie diplomate: elle a obtenu du commandant des permissions de sortie pour qu'elle puisse rencontrer mon père en privé.. Il doit comprendre que la guerre les a séparé plusieurs mois et il pousse la gentillesse jusqu'à laisser mon père utiliser les voitures récupérées pour faire des balades avec ma mère.. C'est une histoire que j'aime à raconter à tout va, mon père compte tant pour moi.. UN BÉRET FRANÇAIS.. La vie reprends son cours malgré tout et je cherche un coiffeur qui pourrait couper mes cheveux : ils sont si longs que je ressemble à une fille et je suis obligé de les dissimuler dans un béret basque.. Je parcours les rues à la recherche d’une échoppe en tenant mon guidon d’une main.. Un allemand en civil m’interpelle : il n’a pas l’air commode et en plus je ne comprends rien de ce qu’il me dit.. Un passant traduit que je dois enlever mon béret, je ne le sais pas encore mais les allemands déteste le béret.. J'obéis et mon abondante chevelure blonde se répand aussitôt.. L’allemand surpris, se calme et me fais dire avec le ton du maitre absolu que si on me reprend à rouler à bicyclette en tenant le guidon d’une seule main, on en coupera la moitié ! Il est fou lui ! Une bicyclette toute neuve ! Et en plus le dernier cadeau de mon père !.. soldat allemand à Sélestat en 40 (bundesarchiv, bild 121-0474).. Dans les rue sans service d’ordre règne une bande de petits voyous venus d’on ne sait où.. Ils s’introduisent dans les maisons pillées par les soldats français en déroute et récupèrent ce qui reste.. Ils montrent fièrement leurs trophées, des poignards, des couteaux à cran d’arrêt, des cannes à bout ferré….. Quand ils me voient avec ma bicyclette ils m’arrêtent et tentent de me la prendre : mais malgré tous les sévices qu’ils m’appliquent je ne lâche pas prise et un grand s’approche qui m’enserre en les frottant les poignets cramponnés au guidon.. Mais je préfèrerais me faire tuer plutôt que de lâcher ma bicyclette.. Ça brûle tellement que je crois que ma peau va se déchirer.. Je crie si fort de ma voix aiguë de petit garçon qu’il me lâche.. Je m’enfuis en vitesse mais ils ont eu le temps de crever un de mes pneus.. C’est le voisin, monsieur Willy qui répare ma bicyclette.. Il est bien gentil.. Il est menuisier et comme il est veuf depuis peu, ma mère m’envoie lui porter le surplus du repas quand il rentre le soir fatigué.. C'est aussi lui qui va chercher le kamis-brot : aucune boulangerie n'a réouvert à Thionville et les allemands ont instalé un dépôt de pain rue du four banal.. Le kamis-brot est un drôle de pain: il n'est pas blanc et ne doit pas contenir beaucoup de farine de blé ou de seigle.. La première fois que j'ai été au pain, j'ai été pris de panique à la vue des soldats montant la garde et je n'ai même pas pris de pain.. Monsieur Willy dit que les allemands ne sont pas méchants mais je sais ce qu'il en est depuis l'histoire du béret.. Monsieur Willy est toujours content de me voir.. Il commence par se laver les dents et viens m’embrasser sur les lèvres en jouant avec la langue.. Je suis étonné alors monsieur Willy me dit que c’est comme ça que les russes disent bonjour.. Moi j’aime bien les russes, radio Moscou répète que les pauvres de tous les pays doivent s’unir pour empêcher les guerres ! Alors comme ça, ça va.. Quand je raconte ça à ma mère, elle m’écoute sans rien dire.. Puis l’air de rien, elle me dit qu’elle va me couper les cheveux elle-même…exécution immédiate !.. C’est un massacre : ma mère a fait de son mieux et elle s’excuse mais sans ciseaux à dépaissir….. Je fais semblant d’être contrarié mais intérieurement je ris : me voici affublé d’un bonnet en laine tricoté main.. Je dis que je le porterai jusqu’à ce qu’un coiffeur me répare ! Ma mère rit avec moi contente de la modification de mon aspect physique : à partir de maintenant je porterai des pantalons longs !.. Quand je revois monsieur Willy pour lui montrer comme je suis beau en pantalon long du dimanche avec ma chemise blanche et le nœud papillon bleu que ma mère a ajouté par coquetterie, il ne m’embrasse pas sur les lèvres et il me dit que maintenant que je suis un grand garçon, nous ne ferons plus de câlins : nous nous donnerons la main.. Le trente août 1940, très tôt le matin, deux soldats allemands en arme nous sortent du lit.. Nous sommes des ennemis du Reich : nous sommes arrêtés pour être regroupés avec nos semblables.. Un des soldats allemands est un peu gêné, il est visiblement dérangé par mes yeux bleus et mes cheveux blonds filasses de mes dix ans à peine.. Je l’entends dire à son compagnon en me désignant « schön Hitler jung » ce qui rajoute encore à mes craintes.. Un instant plus tard, son fusil, qu’il a laissé appuyé au mur de la cuisine, glisse et tombe sur le sol en mosaïque et rebondit dans un bruit métallique sinistre : son compagnon d’arme qui surveille ma mère dans une autre pièce pendant qu’elle emballe nos affaires, revient en trombe en vociférant comme s’il pouvait avoir peur de nous.. Moi j’ai déjà visité Verdun, la tranchée des baïonnettes, l’ossuaire de Douaumont dans toute sa splendeur.. J’ai vu mourir une voisine que je connaissais bien d’un éclat d’obus allemand.. Je viens de vivre l’évacuation, l’invasion, la défaite et le retour à Thionville.. J’ai assisté à l’arrestation brutale de familles juives dans les rues de Metz.. Je me demande si notre extermination est proche.. Mon père qui a été capturé à Rambervillers le 20 juin 1940 a refusé de devenir allemand et a donc renoncé à sa libération.. Ma mère a un malaise passager, je sais qu’elle est cardiaque et je finis de préparer nos affaires en jetant dans une valise ce que je pense nécessaire là où nous allons.. C’est réel: au bout de la rue le ramassage commence.. En moins de dix minutes nous sommes propulsés dehors, embarqués et enfermés dans les camions.. Nous traversons la ville en croisant le regard d’anciens amis matinaux qui nous ignorent prudemment.. l'ordre d'expulsion stipule que pour des raisons de sécurité, ma mère et moi devons être transférés en France inoccupée.. Nous devons nous munir de nourriture pour plusieurs jours, un couvert et un verre, une couverture, des habits de laine et pas plus de 2000 francs par adulte et 1000 par enfant.. Papiers d'identité et pas plus de 50 kilos de bagage par adulte, 30 par enfant.. Interdit d'emporter de l'argent allemand et quiconque s'oppose aux instructions données sera arrêté et puni.. Voilà le contenu de l'avis qu'on distribue aux gens destinés à être expulsés.. D’après ce qu’on entend, nous roulons vers Metz.. Nous arrivons dans une petite gare dont j’ai oublié le nom.. Un jeune homme que je connais de vue qui est je crois employé de mairie, il s’appelle Rossi, est roué de coups subitement là sur le quai par quatre soldats qui s’acharnent sur lui à coup de pieds après l’avoir jeté au sol en poussant des cris inhumains et sauvages.. Comme les autres, j’ai peur qu’ils ne l’exécutent devant nous comme ils nous le promettent en brandissant un pistolet menaçant.. Rossi est trainé sans connaissance et en sang malgré les supplications de sa mère qui s’accroche au corps inerte de son fils.. Quand elle revient, égarée, elle ramasse encore la pipe, les lunettes brisées, elle ne sait plus ce qu’elle fait.. Son fils ne parle pas l’allemand, il n’aurait pas compris assez vite qu’on lui ordonnait d’aider les gens handicapés à monter dans le wagon et cela a suffit pour qu’il soit rossé pour impolitesse et manque de respect à un soldat allemand.. Avec nous, blottie tout contre moi mon amie Yvonne Kaiser.. Elle a connu comme moi les bombardements, la descente aux abris et l’évacuation et maintenant l’expulsion.. Yvonne a perdu son père et sa mère est remariée : les allemands contrôlent les identités et comme Yvonne n’a plus le même nom que sa mère ils veulent la placer en orphelinat allemand le temps de consulter la famille de son père.. Yvonne et moi nous cramponnons ensemble en pleurant.. Des expulsés s’interposent au risque de leur vie entre les allemands et nous et finalement les allemands renoncent à leur projet.. Ensuite on annonce que les sommes d’argent dépassant les deux mille francs autorisées seront confisquées ainsi que les titres et les bijoux.. Spontanément quelques personnes distribuent ce qu’ils ont en trop aux gens moins nantis avant d’avoir des histoires.. Le train démarre vers le sud, direction la ligne de démarcation qui sépare la France en deux.. Le voyage n’en finit pas et dure plusieurs jours avec des arrêts la nuit sur des voies de garages loin de tout et aucun approvisionnement.. Le train franchit au ralenti des ponts provisoires sans parapets et tangue bizarrement avec des bruits de roulage étranges.. Je me demande sur quoi roule le train et si nous allons basculer dans le fleuve.. Autour de moi on rigole « comme ça on n’aura plus soif ! ».. A un moment on nous ordonne de masquer toutes les ouvertures du wagon sur l’extérieur sous la menace des armes : sans le savoir nous passons la fameuse ligne de démarcation.. Après toute ces gares qui nous séparaient de la France libre, nous arrivons à Chalons sur Saône, nous voilà débarrassés des allemands enfin : de ce côté de la ligne ils n’existent plus pour moi et tout le monde dans le wagon croit que nous ne les reverront plus : nous sommes bien contents.. Dans les gares suivantes notre croix rouge française est là.. Les petits enfants sont ravitaillés en lait chaud sucré.. Et nous recevons les soins nécessaires et boisson et nourriture.. Enfin c’est l’arrivée à Lyon, la fin du voyage.. Tout le monde est dirigé vers le Palais de la Foire.. C’est là que se tiennent les foires expositions et nous arrivons dans les décors de la dernière exposition, les enseignes ne sont pas encore démontées et nous sommes répartis sur les stands en fonction de nos tickets d’entrée.. Ma mère m’emmène à la recherche du stand « au berceau lorrain ».. Dans le brouhaha ambiant les hauts parleurs lancent en flot continu leurs appels au regroupement des familles.. Le séjour s’éternise et les enfants sont si turbulents qu’on ouvre des classes en pleines vacances scolaires : les organisateurs ont eu la bonne idée de distribuer les bons de repas pendant les cours : pas d’école, pas de soupe !.. l'exposition de camions stella photo BM Lyon.. Un matin le haut parleur annonce que les expulsés sont invités à choisir eux-mêmes l’endroit en France où ils désirent s’établir parmi un certain nombre de villes.. Ma mère en a assez de la vie au Palais de la Foire et choisit l’endroit qui correspond au premier départ sur la liste : Sisteron.. Mais à Sisteron rien n’a été prévu pour nous héberger.. Un grand garage inutilisé est réquisitionné au dernier moment, on jette quelques bottes de paille au sol et voilà notre abri : plus de cent personnes qui dorment et mangent au même endroit avec un seul robinet d’eau potable et un petit canal de cinquante centimètres de large devant la gare toute proche pour se laver.. Ce n’est pas suffisant et rapidement, tous les enfants attrapent l’impétigo, une infection de la peau très contagieuse qui nous couvre de plaies purulentes de la tête aux pieds.. Comme en plus il fait encore chaud, les mouches nous envahissent.. Les gens du coin ne veulent pas voir leurs enfants contaminés et nous sommes exclus de l’école.. Les adultes sont las et pleins de rancœur.. Ils parlent d’«un pays de mouches de mistral et de courges ».. Mais moi je l’aime bien ce pays, je le trouve apaisant.. Du définitif est annoncé : départ en autobus selon l’ordre alphabétique, Alexandre, pour nous c’est tout de suite.. Nous allons à Château-Fort.. Le nom de la mère d’Yvonne commence par Z pour Zimmerman et je ne saurai même pas la destination de leur bus.. J’en ai vraiment marre maintenant : dans le bus où j’ai pris place je regarde Yvonne qui attend dehors.. Je pleure en me demandant si nous nous reverrons un jour.. le portrait d'Yvonne.. Châteaufort.. [8].. est un village de montagne et les bus ne montent pas là haut.. En tout cas le chauffeur ne connaît pas la région et cela explique sa témérité : les virages sont de plus en plus serrés sur ce chemin de montagne mais il continue jusqu’à rester bloqué en porte à faux, la plateforme arrière au dessus du vide : très loin au fond coule un torrent empierré qui s’appelle la Sasse.. [9].. La peur passée et tout le monde dehors, nous prenons un raccourci et bagages à la main, nous suivons le sentier, jusqu’en haut de la montagne et nous tombons sur une petite butte où les habitants nous attendent devant une petite église fermée.. Quatre familles seulement dans ce village minuscule.. Le maire âgé et sourd, a confondu au téléphone nombre de familles d’accueil et nombre d’habitants du village : nous sommes beaucoup trop nombreux.. Nous restons là sans rien dire à nous regarder plusieurs minutes sans parler : il faut dire que notre renommée nous précède et que certains parmi nous parlent encore allemand entre eux alors que les habitants parlent le patois local.. Finalement nous nous rapprochons et nous sommes répartis pour la nuit dans les granges des fermes du village autour d’un seul point d’eau, la source.. Ma mère est si épuisée qu’elle a un malaise important.. La femme du maire, madame Richaud lui tend un petit verre en lui recommandant de le boire d’un trait : c’est de la gnole et ma mère se précipite vers l’abreuvoir du cheval en reprenant bruyamment sa respiration.. Ma mère ne boit jamais d’alcool et j’ai peur un instant qu’elle ne se jette dans l’eau pour calmer la brûlure de sa gorge en feu.. Ma mère se reprend et demande les toilettes.. Elle s’absente longtemps et je m’inquiète mais elle revient sans avoir trouvé malgré les explications : et pour cause, les toilettes sont dans l’écurie, à côté des bêtes, sur le tas de fumier… Le docteur Tronc a été appelé.. On m’a éloigné pendant qu’il l’ausculte et je vois la fermière me désigner du doigt sans parole.. Je comprends que les nouvelles sont mauvaises.. Le docteur s’approche de moi et regarde mon impétigo.. [10].. Il dit que je suis contagieux et que je dois être isolé des autres enfants : lui-même ne m’a pas touché.. Il regarde les médicaments qu’on m’a donnés à Lyon : eau d’Alibour et pommade de zinc et d’oxyde de mercure à badigeonner sur les plaies.. C’est une pommade qu’on commande spécialement en pharmacie : elle est rouge orangée très vif et sans autre effet : elle attire les mouches et les taons.. Le docteur me dit que le traitement est bon et de le continuer.. Pourtant j’ai le visage tout maquillé et flamboyant et je crois que rien ne peut enrayer mon mal, cela dure depuis trop longtemps.. Mais je suis résigné et je pense que cet enduit orange trop visible sur ma face ne sert qu’à signaler mon état de contagion.. Puis c’est le tour de Michelle Milani, une petite fille du groupe : le docteur l’examine car son irritation fessière ne régresse pas et que sa pauvre mère ne sait plus comment la soigner.. Madame Milani est jeune et très déprimée.. la petite Michelle Milani et sa maman.. Elle parle de se jeter dans le ravin avec le landau de sa fille.. Ma mère la tient à l’œil car elle craint qu’elle n’exécute son funeste projet : c’est que les précipices ne manquent pas dans la région, il n’y a que l’embarras du choix.. La fermière lui a laissé la chambre de sa fille qui est grande maintenant et peut quitter la ferme pour s’installer ailleurs.. Madame Milani doit quand même faire bouillir l’eau qu’elle a été chercher à la fontaine dans une bassine : il n’y a pas d’eau à la ferme.. Ma mère, elle, ne peut pas faire de travaux lourds, de toute façon elle a une peur panique des bêtes.. En revanche elle se propose pour faire du ravaudage et ça tombe bien il y a plein de linge à repriser.. Nous nous installons dehors pour profiter de l’air, ma mère a besoin de respirer.. A proximité des blocs de pierre qui nous servent de banc un homme d’une bonne cinquantaine d’année se repose.. Il m’intrigue avec le haut de son chapeau de paille décousu : ma mère propose de réparer le chapeau et m’envoie le chercher ce qui me permet d’approcher ce monsieur peu ordinaire tout en restant en retrait à cause de la contagion.. Je pars en reconnaissance à l’orée du village mais je reviens en courant me blottir près de ma mère pour la prévenir qu’il y a des crocodiles dans ce pays chaud : en fait, je viens de croiser un très grand lézard vert qui fait bien une cinquantaine de centimètres de long.. [11].. Le monsieur s’appelle Gabriel Massot, je lui montre en écartant les bras, la taille du crocodile qui court si vite et est parti se cacher : il  ...   contact avec des thionvillois résidant à Grenoble par l’intermédiaire d’un journal de lorrains en exil.. Ces gens se sont proposés pour être mes correspondants en ville.. Je les attends avec impatience car j’ai appris qu’ils roulent en Peugeot 202.. Finalement, ils ne se manifestent pas avant Noël et ce jour là, juste avant mon départ à la Motte du Caire, à table, je me jette sur les pâtes à en avoir une indigestion.. Résultat, le lendemain, à l’heure où j’aurai du prendre mon train, je suis encore couché à l’infirmerie de l’école : plus de retour à la maison pour Noël.. En plus, ces gens ne viennent plus me chercher pour les fins de semaines, les dimanches sont désespérants.. Alors je finis par demander à faire partie du régime des punis.. Ça arrange tout le monde finalement, car ça résout du même coup le problème de ma garde.. Donc je suis de parloir tous les dimanches et je vois revenir les mêmes correspondants.. L’un d’eux, je sais son nom, monsieur Gravier, veut savoir pourquoi je suis toujours puni.. Je lui résume ma situation d’exilé et de fils de prisonnier de guerre.. Il veut m’emmener tout de suite avec son protégé mais le concierge s’y oppose : il me faudra d’abord une autorisation signée de mes parents.. Ce qui est fait.. Le jour dit, je suis mon correspondant jusqu’à « A la croix de lorraine » l’hôtel café restaurant des Gravier.. J’attends assis à une table du café, plutôt intimidé par madame Gravier qui m’a accueilli avec une certaine réserve.. Puis je m’enhardis et je la rejoins dans la cuisine pour lui proposer mon aide.. Travailler ensemble nous permet de faire très vite connaissance : « Elle est rompue la glace ! » comme disait la chanson.. Monsieur Gravier en 1944.. Je comprends ses réticences : son mari lui ramène trop souvent des miséreux esseulés, des p’tits boulots en rupture tombés bien bas qui ont besoin de manger et de s’abriter.. Le soir, madame Gravier m’a préparé des vivres à emporter.. Le premier protégé de Monsieur Gravier a quitté l’école et mon correspondant viendra chaque dimanche, ponctuel, pour me chercher au collège.. J’apprends l’ajustage de précision sur métaux.. Il faut un pied à coulisse et comme je n’en ai pas, j’emprunte celui des autres contre de menus services de finitions de leurs exercices en traits croisés.. C’est madame Gravier qui va me faire la surprise : elle m’offre un Roche au 50ième.. C’est un bijou dans son étui de moleskine noire et il est gravé à mon nom.. Peu de mes camarades en ont un semblable.. ambiance d'époque par les actualités de Vichy, le régime pro-allemand.. (images INA).. Ce n’est ni un dimanche ni un jour de visite.. Pourtant un élève de section commerciale vient me chercher en plein cours : « ton père est là !» Je lui demande comment il est : « incroyable à quel point vous vous ressemblez !» je cours plus vite que jamais rejoindre mon père.. Derrière moi j’entends mon camarade distancé crier : « demande au concierge d’avoir l’obligeance d’arrêter le chrono quand tu arriveras toi ! » on peut l’espérer….. le père d’André photographié au stalag( camp allemand de prisonnier).. C’est la fin de 1944, Grenoble.. [22].. a té libérée le 22 août par les forces françaises libres et les américains ensuite, mon père, lui, vient de rentrer de captivité.. Il est là dans le parloir austère et sombre qui m’attend.. Je suis presque aussi grand que lui maintenant.. Il a toujours été grand pour moi et je me demande s’il n’a pas rapetissé.. Nous prenons le temps de nous évaluer à la lueur vacillante de la bougie, je suis encore tout essoufflé de ma course.. J’ai d’ailleurs un point de côté.. Nous nous étreignons enfin.. Je lui demande pourquoi il porte une tenue de l’armée américaine alors que la guerre est finie pour lui.. On a rien trouvé d’autre à lui donner et il me montre l’autorisation spéciale qu’il a pour porter ces vêtements.. le père d’André prisonnier au stalag.. Nous nous asseyons à la table de visite mais nous n’arrivons pas à dire un mot.. Je regarde mon père la gorge serrée.. Dans une tentative de rompre le silence, il me vouvoie avant de se taire encore.. Petit, quand ma mère me vouvoyait c’était pour me réprimander ou bien pour dire quelque chose d’important.. Mais mon père ne me vouvoyait jamais, il avait d’autres moyens pour se faire entendre.. J’ai peur d’être maladroit.. Je n’ose pas parler.. Alors je prends mon beau stylo Waterman à plume en or et réserve d’encre que j’ai eu pour le certif et je commence à écrire sur une page que je détache du cahier des visites.. « Papa, la guerre nous a joué un mauvais tour.. Nous continuons à en souffrir.. Les autres font la fête et s’amusent pour fêter la victoire.. Je sais qu’un jour nous serons à nouveau réunis tous les trois dans un domicile bien à nous, comme avant.. Je te promets que là plus rien n’arrivera à nous séparer.. Je pousse la feuille vers lui pour l’inciter à écrire.. Il ne peut pas, ses mains tremblent trop.. Il va à la fenêtre pour masquer son émotion et il fait des commentaires de circonstance sur la neige qui tombe en abondance.. Je sais qu’il cache ses larmes.. Moi, je pleure.. Il se retourne et cherche nerveusement une cigarette.. Un signe discret pour lui dire qu’il ne peut pas fumer ici.. Il me demande si je mange bien au réfectoire et me tend un billet au hasard.. Pauvre Papa, il ne sait pas à quel point l’argent a perdu sa valeur et combien ce qui est écrit sur les billets est illusoire.. Il veut me donner ses tickets d’alimentation et me dit que ça ne le privera pas, qu’il n’a plus jamais faim, lui.. Je le rassure en lui racontant les visites chez les Gravier tous les dimanches et le sac de vivre que je ramène pour la semaine.. Au moment des adieux, complètement désemparés, nous en oublions de nous souhaiter la nouvelle année qui arrive, il me dit qu’il sera heureux de remercier les Graviers pour toutes les bontés qu’ils ont eu pour moi.. Mon père est à bout de force, il rejoint l’hôpital militaire de Marseille où il se remet.. Ma mère aussi est hospitalisée à Marseille.. Ils sont vraiment en mauvaise santé.. Ce n’est qu’à la fin de 1945 qu’ils pourront quitter leur hôpital respectif.. Ils rentrent à Thionville où nous n’avons plus rien.. et Mme Alexandre à Marseille avant leur rapatriement à Thionville.. Mes parents savent combien la vie va être rude.. Les Gravier proposent de s’occuper de moi jusqu’à la fin de l’année scolaire et plus si nécessaire.. Il leur en coûte et à moi aussi mais mes parents acceptent.. J’ai quinze ans maintenant et je vais seul à la Croix de Lorraine.. Je dois emprunter le chemin le plus court, respecter les horaires prescrits, consigner mes sorties sur la main-courante de la conciergerie.. Vers la fin de 1944, beaucoup d’armes circulent parmi nous.. Elles proviennent de parachutages alliés destinés aux maquis, de récupération après la déroute des soldats allemands.. Mais elles proviennent surtout des greniers de nos vieilles maisons qui recèlent beaucoup des trésors d’avant guerre.. Je dégotte moi-même un petit révolver du siècle précédent, il est toujours en état de marche et j’espère qu’il sera mon passeport pour le maquis de Bayons.. Je garde ce secret pour moi, je ne montre jamais l’arme et je ne la transporte jamais.. Pour rien au monde je ne prendrais le risque de l’introduire au collège Vaucanson.. Ce serait trop bête de me faire renvoyer après les efforts que j’ai fait ici.. Mais il en va autrement pour mes camarades externes.. Plusieurs d’entre eux exhibent des révolvers pendant la récréation.. Je m’éloigne d’eux immédiatement.. Dans une salle de classe un garçon manipule son révolver.. Par mégarde l’arme lui échappe et tombe au sol.. Le coup part.. La balle ricoche sur le pied en fonte d’un pupitre et tue un des garçons présent autour de lui.. La balle lui a arraché une partie de la tête.. Nous sommes immédiatement renvoyés dans nos dortoirs où nous devons attendre, consignés au pied de nos lits avec interdiction d’en bouger sans être accompagnés.. Nous avons interdiction de parler entre nous.. Le temps est bien long et quand l'un d'entre nous a envie de faire pipi il doit attendre qu'on l’emmène.. Un détachement de police investit le collège : nos affaires sont soumises à une fouille minutieuse pendant de longues heures et chacun d’entre nous est interrogé individuellement.. Heureusement, pour nous soutenir pendant l’enquête, les élèves de polytechnique qui nous encadrent habituellement sont là.. Je les connais bien car je suis passionné d’électricité et j’ai pris l’habitude de les fréquenter pour développer mes connaissances en électromagnétisme et en propagation hertzienne, les bases de la diffusion radio.. Grâce à eux je me sens capable de m’attaquer au poste à galène que m’a donné Gabriel.. Je demande à ma mère de me l'expédier.. A la Motte du Caire, je m'isolais dans les toilettes extérieures sur le balcon de la maison pour essayer d’entendre quelque chose sur mon poste : malgré tout le temps passé enfermé, je n’avais pas obtenu de résultats.. Dès que ma mère me fait parvenir la radio par la poste, je m’empresse de relier la prise de terre du poste au radiateur de chauffage central et le fil d’antenne à mon lit métallique.. Miracle ! Mon poste à galène me parle pour la première fois ! J’avais des doutes mais il y a de la vie en lui.. Le casque est celui que m’avait donné Gabriel, avec son inscription « propriété insaisissable de la compagnie du téléphone », il est lourd et massif et m’irrite les oreilles.. Pour supporter les longues heures d’écoute, je passe d’une oreille à l’autre.. J’en parle bien sûr à table avec les Gravier et le samedi suivant en passant à table, j'ai la joie de découvrir un casque à côté de mon assiette.. Il est flambant neuf.. Madame Gravier prétend qu’un client de l’hôtel l’a laissé pour moi en quittant sa chambre.. Elle veut sans doute ménager ma fierté et ne pas me donner l’impression d’être couvert de cadeaux.. Mon voisin de lit, Pierre Rambaud hérite du casque lourd auquel je bricole une prise supplémentaire sur la radio.. J’écoute radio Grenoble, les émissions ne commencent qu’à six heures du matin.. Je suis éveillé bien avant.. On entend d’abord une longue modulation continue en U.. C’est désagréable mais juste après, démarre la ritournelle habituelle, « nous n’irons plus au bois, les lauriers sont coupés | bip| nous n’irons plus au bois, les lauriers sont coupés |bip| » jusqu’à six heures trente où éclate la Marseillaise à plein volume.. La fin de la guerre est officiellement annoncée le 8 mai 1945 à 15h00.. Au collège, la vie continue imperturbable comme d'habitude.. C'est sans compter sur les filles en pension de la ville! Elles sont déchainées et viennent jusqu'au collège forcer notre porte! Dans la bousculade, une d'entre-elles gifle le surveillant général.. Le directeur préfère se cacher pour ne pas avoir à se fâcher tout rouge! Les filles nous entrainent dans les rues de Grenoble dans l'allégresse générale.. C'est si bon la liberté.. C'est l'euphorie : musique! Pétards! Feux d'artifices et de Bengale! Marchands de frites et saucisses grillées! La discipline en prend un sacré coup et je réalise qu'il était temps: c'est vrai nous avons quatorze ans passés et ce que nous avons vu ces cinq dernières années nous a muri.. Nous ne sommes plus les enfants timorés d'avant.. D'ailleurs, à partir de ce jour mémorable, nous sommes autorisés à sortir librement en ville aux heures autorisées toutefois.. Petit bonjour matinal et premières nouvelles du monde.. Ensemble, Pierre et moi, nous entendons les nouvelles les plus formidables de l’époque, la mort d’Hitler, la capitulation de l’Allemagne, l’exécution de Mussolini, la découverte de l’horreur des camps de concentration mais aussi le massacre d’Oradour sur Glanne, le retour des prisonniers, la mort du président Roosevelt.. La guerre n'est pas tout à fait finie.. Les américains font exploser la bombe atomique sur Hiroshima le 6 août 1945 et sur Nagasaki le 9 août.. Les japonais capitulent le 2 septembre 1945.. Le 25 juillet 1946, les essais atomique des îles Bikini dans le Pacifique, font beaucoup parler dans le dortoir.. Nous attendons l’explosion minute après minute et nous retenons notre souffle : on dit que la réaction en chaine pourrait détruire la planète.. Nous entrons dans un autre monde.. LA SÉPARATION.. C’est les dernières vacances scolaires que je passe à Grenoble.. J’ai encore le temps de donner un coup de main aux Graviers qui déménagent et reprennent un autre établissement, le Renaudin, en plein centre ville.. C’est le mois de juin 1946 et je dois décider si je reste plus longtemps ou si je rentre à Thionville.. Nous faisons semblant de rien mais nous sommes brisés de chagrin, je le sais.. Nous n’osons même pas parler de cette séparation qui vient.. Je promets d’écrire.. J’avais imaginé le jour du retour comme un jour de joie.. Je n’ai jamais été aussi triste.. Je sais pourtant qu’une bicyclette neuve m’attend à Thionville au titre des dommages de guerre pour celle que j’ai perdu au maquis du Tramalao.. Les souvenirs de ces six ans reviennent en masse : ces maquisards assassinés, je les connaissais tous, je voulais faire partie d’eux.. Je revois Yvonne Kaiser, sa mère emprisonnée à la citadelle de Sisteron.. Mais ces souvenirs ne retiennent pas mon attention, je ne fais que penser à monsieur et madame Gravier.. Je regrette déjà leur affection et leur stabilité solide, sans peur du lendemain.. Yvette Gravier m'a acheté des vêtements neufs à ma nouvelle taille.. Elle plaisante en retenant ses larmes, "tu penseras à moi tant qu'ils ne seront pas usés".. Je me force à penser aux retrouvailles avec mes parents, je ne suis plus sûr de mon choix.. J’ai l’impression de ne plus être intime avec eux.. J’ai été si longtemps séparé d’eux.. Ce train qui m’éloigne des Gravier m’agace avec son luxe.. Les sièges ne sont plus en bois.. Ce train est trop confortable en regard de ma peine.. Ce train de la rupture est trop rapide.. Il n’y a plus d’arrêt jusqu’à Lyon.. Je n’arrive pas à distinguer le nom des gares traversées, je regarde les autres voyageurs sans les voir.. Ils sont nuls pour moi.. Je me demande le pourquoi de tout cela.. Quelque chose en moi est définitivement brisé.. Je capitule, mon esprit vagabonde, je confonds les époques je mélange mes parents avec les Gravier, je m’endors.. Aussitôt arrivé, je commence une correspondance postale avec monsieur Gravier.. ÉTERNEL RETOUR.. le premier bal des parents Alexandre dans Thionville libérée.. Personne n'est là pour m'accueillir, je l'ai fait exprès.. Je laisse mes valises à la consigne de la gare et je vais à la maison à pied.. Il n'y a plus de tram, il est cassé par la guerre.. Le pont sur la Moselle est flanqué d'un passage en bois.. Je reconnais la ville comme si je ne l'avais jamais quitté.. J'ouvre grands les yeux pour faire le point.. L'immeuble à l'angle de la rue de Villars est au sol.. Les deux grandes vitrines de l'épicerie sont remplacées par des vitres à treillis de petits carreaux.. Je suis arrivé.. Mes parents me font visiter l'appartement qui est vide de tout ce que nous possédions avant guerre.. Place de la Liberté, la ville a entreposé des meubles provenant de logements abandonnés par les allemands qui ont quitté Thionville encore une fois.. Mais mes parents sont arrivés un peu tard après la curée pour récupérer quelques uns de leurs meubles.. D'autres réfugiés comme nous qui nous feront visiter leur appartement, sont mieux pourvus en meubles que jadis.. Mon père a reconnu une armoire, une table de nuit et un lit, c'est tous ce qu'il pourra sauver.. Il manque des lattes au lit et l'armoire a séjourné longtemps sous les intempéries: elle est bien abîmée.. Le marbre de la table de nuit est fracassé.. Mes parents dorment dans des petits lits métalliques que mon père a rapproché.. Il y en a un dans ma chambre également récupéré des hôpitaux avec une armoire au miroir tout piqué, abandonné par les fuyards et pour lequel il faudra payer un vil prix également.. Cet hiver, il fera froid car ils ont emporté aussi tous les appareils de chauffage.. Nous mangeons assis sur les caisses de livraisons consignées.. Ma mère fait la cuisine sur un réchaud à gaz à même le sol.. Le lustre du plafond est remplacés par une ampoule.. Je dois cacher ma peine et ma déception et échapper à cette misère : je cherche partout le triporteur du magasin pour aller chercher mes bagages mais il a été emporté comme le reste.. J’emprunte le chariot lorrain.. [23].. des nouveaux voisins pour aller récupérer mes affaires.. C'est que je suis chargé: en plus des deux valises qui nous ont suivi partout ma mère et moi, avec dans leur couvercle des étiquettes d'identité en cas de malheur, il y a une grande malle de corsaire qui vient directement des greniers de la Motte du Caire.. J'y ai entassé mes documents d'école, mes petits vêtements du temps de la pénurie dont je n'ai pu me séparer et le poste à galène de Gabriel que j'aurai du laisser à mon copain de chambrée Pierre Rambaud, surnommé Pic Fraise comme si son nez était si pointu.. Il devra faire sans la radio.. 1947, avec ma mère(ici à droite) et ses amies.. Les jours passent et j’aide ma mère à l’épicerie.. Une cliente se plaint de son poste radio qui ne marche plus.. « Amenez-le voir, je verrais ce que je peux faire ».. Je m’improvise réparateur amateur.. Il faut dire que ce que j’ai appris à Grenoble et un peu d’astuce font merveille.. Les collaborateurs font profil bas: après avoir menacé de revenir avec le fürher à leur tête, il tentent de se justifier en disant, " On ne pouvait donc bien pas.. " une expression qui doit venir directement de l'autre côté de la frontière.. Les allemands ont laissé derrière eux un petit poste construit comme la Volkswagen sur le principe d’un poste pour tout le monde.. Il est portable et compact mais difficile à régler pour obtenir la bonne station, les gens s’en débarrassent facilement et j’en ramasse parfois abandonnés au sommet d’une poubelle.. C’est tout ce dont j’ai besoin pour bricoler.. Il faut bien comprendre que depuis fin de la guerre, il n’y a rien.. Rien à acheter sinon très cher quand on le trouve.. Alors un poste radio… J’ajoute une lampe au modèle allemand, je réduis sa taille : en fait, je me débrouille et avec du vieux je fais du presque neuf.. Les gens prennent l’habitude de venir au magasin faire réparer leur poste et cela durera jusqu’à mon service militaire qui arrivera à point nommé car ces messieurs des impôts commenceront à s’intéresser à ma petite activité.. l'intérieur du DKE38.. Je vais saluer monsieur Willy.. Nous sommes contents de nous revoir après toutes ces années et aussi complètement détachés du souvenir d’une passade amicale.. Monsieur Willy m’invite à entrer et me présente sa famille : il s’est remarié et a deux beaux enfants.. Il a un cadeau à me faire : il a fait spécialement pour moi une très belle petite table de salon en chêne.. En 1940, nous étions tous les deux privés d’affection, je n’étais pas très éveillé aux choses de la vie et monsieur Willy avait su se contenir pour ne m’aimer que chastement.. Moi, je n'aurais pas d'enfants c'est décidé, ce sera ma vengeance.. Mon père se force à plaisanter: "moi j'ai bien regretté en quarante, de t'avoir fait!" Il ajoute que lui et ma mère ne pourront plus me donner de petit frère.. Tout ça est bien dommage mais je ne reviendrai pas sur ma décision: comme un prêtre, j'en ai fait le serment.. le DKE38, deutscher klein emfänger, revisité par André Alexandre.. L'hiver de 1947 est particulièrement froid, la Moselle charrie des blocs de glace: le 30 décembre elle sort de son lit à cause du dégel et envahit les rues du centre.. Avenue Albert 1er,chaque cave se remplit au passage par le soupirail et le niveau de l'eau monte inexorablement.. Nous habitons au dessus du magasin, l'appartement est pratiquement vide depuis notre retour et nous décidons de sauver le stock.. Il n'y a plus d'électricité,nous disposons des bougies le long de l'escalier pour déménager l'épicerie toute la nuit.. Au matin, nous tombons de fatigue sur nos lits, tout habillés.. Un kayac circule au milieu de l'avenue.. La tristesse de mes parents fait peine à voir: pourtant nous avons Venise sous les yeux quand tant de gens paient si cher pour y aller.. Thionville 1947: un kayac au milieu de l'avenue( cliché Pascal Bertrand).. Il n'y a plus de gaz.. Mon père et moi montons un bidon de 50 litres d'alcool à brûler pour alimenter le réchaud que j'ai bricolé avec une boite de conserve et le réchaud à gaz.. Épuisés et en sueur, nous nous regardons, hagards et puis nous éclatons de rire: nous en avons vu bien d'autre, au diable cette épreuve! J'ai du plaisir à trimer avec mon père, lui aussi.. " Ça va bien les jumeaux!" appelle ma mère attirée par notre fou rire.. C'est comme ça qu'elle nous appelle maintenant: ses deux "Dédé" se ressemblent tellement comme elle dit et les clients s'en amusent aussi d'autant plus qu'elle nous achète les même pullovers.. Justement, les clients cognent au rez de chaussée: ils n'ont plus rien à manger.. Nous servons à travers la fenêtre.. Dehors des hauts-parleurs rassurent la population et un camion citerne livre de l'eau potable.. Quand l'eau se retire enfin, il faut nettoyer le désastre et recommencer, recommencer toujours comme depuis 40.. Les animaux morts dans les champs sont en pleine décomposition, nous allons être vaccinés à cause des risques d'épidémies, la même piqure qu'en 40 mais cette fois pas chacun de son côté, non, ensembles, mon père et moi.. Je fais mon service dans les troupes d’occupation en Allemagne.. Ma dernière lettre à monsieur Gravier lui dit bien que ma solde est doublée par ce que je suis en Allemagne, que je ne manque absolument de rien, que j’ai pris du galon et que j’ai une chambre de sous-off, que la nourriture au mess est de qualité et que quand je sors en ville, je mange allemand.. Mais ça n’empêche pas monsieur Gravier de m’envoyer un mandat chaque mois.. Le geste me fait plaisir, il me dit que c’est pareil pour lui.. J’aurai tellement aimé le revoir, monsieur Gravier.. Mais il meurt en 1950 : la permission que je demande pour assister à ses obsèques m’est refusée.. « Lien de parenté insuffisant.. » Le chef de corps n’est pas méchant homme mais s’il savait à quel point le motif invoqué me brise le cœur.. Mon temps de service change avec les évènements mondiaux: je me tape six mois en plus à cause de la guerre qui vient de commencer en Indochine! Mes dix huit mois faits, je rentre à la maison le jour de mon anniversaire, j'ai vingt deux ans.. Je raconte l'Allemagne et ma passion pour le moteur Lohman.. Les allemands sont assez fortiches pour développer en période de pénurie, un moteur diesel pour cycle de dix huit centimètres-cubes: il a les même performances que nos mobylettes de cinquante centimètres-cubes! Bref! je n'ai pas pu me le payer.. Mon père fait un petit sourire en coin et m'invite à jeter un œil dans la réserve.. Là, je trouve une Gima.. [24].. , une moto si exceptionnelle qu'on n'en voit pas encore dans la rue! Elle est pour moi.. Je suis bouleversé, comment mes parents ont-ils pu l'acheter sinon en se privant de tout.. Et pourtant mon père n'a pas hésité.. C'est le mois d'août 1952, je roule ma superbe moto rue de Verdun, la route n'est pas large, la grande brasserie de la Boule d'or empiète largement sur la voie et en face de moi, un camion double le tramway qui roule sur l'autre voie.. Je n'ai qu'une seconde pour choisir entre les grandes roues du camion et le tram, le choc est inévitable.. Vlan! Je prends en pleine tête la rampe d'accès au tram.. Quand la police arrive au magasin, elle dit que c'est grave, je n'avais pas de casque.. Et en plus le fils Chenchen vient de s'éclater la tête en percutant à moto lui aussi la barrière du passage à niveau de la route de Metz.. Mais ma mère est forte, comme d'habitude.. Heureusement, il n'y a pas de clients à ce moment là! Elle envoie mon père à l'hôpital en prenant le temps de lui dire que si je suis mort, elle ne veut pas me voir.. Mon père me trouve conscient, ce qui est bon signe.. On vient de passer un linguet flexible par le trou de ma blessure pour sonder la plaie et voir si je n'ai pas de fracture: il parait que ça ne se voit pas toujours très bien à la radio: ça fourrage dans tous les sens.. Pauvre Papa apeuré, il attend que je lui parle enfin: "même pas mal" je joue pour le rassurer.. J'en rajoute en parlant de ma tête dure et qu'il sait bien que je suis une forte tête.. " Oui.. ça c'était avant la guerre, quand tu étais petit, ce n'est plus vrai maintenant.. Au magasin ma mère met son point d'honneur à continuer à servir les clientes qui ne savent rien encore mais le lendemain, elles ont lu le journal et déboulent avec des mines contrites et des airs compatissants.. Pour couper court aux commentaires, ma mère prétend, tout sourire, que je me repose en haut dans mon lit et que je suis trop courbatu pour venir les saluer.. Même pas vrai sauf que quand je rentre enfin de l'hôpital, courbatu, je le suis et pas qu'un peu.. Mon père ne me quitte plus.. Au lieu d'aider ma mère au magasin, il reste à mon chevet.. J'ai besoin de lui, il m'aide en soutenant le poids de ma tête pour que je puisse sortir du lit.. Nous sommes bien ensembles.. Il me raconte le stalag et la dureté de la captivité.. Il se rappelle la libération du camp par les soldats russes.. Le camp d'Altengrabow était juste situé dans la région de l'Elbe où les armées soviétiques se sont arrêtées dans leur marche vers l'ouest.. Ils arrivent mitraillettes à la main et n'ont qu'une question:" Pétine ou Técole?" Ils savent qu'il y a deux sortes de français et que le pays a été coupé en deux entre les tenants du maréchal Pétain qui a soutenu l'effort de guerre allemand et les résistants avec le général De Gaulle.. Il vaut mieux répondre De Gaulle si on ne veut pas être fusillé sur place.. Ces jeunes russes excités ne font pas de quartier.. Les allemands terrorisés, savent bien ce qui les attend, on dit que les pharmacies délivrent du poison gratuitement aux civils allemands et ils préfèrent se jeter dans les bras des américains.. Nous rions aussi beaucoup de quand j'étais petit.. Bien avant 1939 mon père était déclarant en douane chez Vagner Klein, la plus grande entreprise de déménagement de Thionville spécialisée dans l'international.. Il fréquente la salle des ventes des saisies et abandons en douane où des enchères ont lieu tous les six mois.. Il a tout son temps pour repérer les affaires intéressantes et se renseigner.. pourboires interdits.. au mur, juste sous le guidon de la saroléa sur la photo.. Il connait bien les réactions de acheteurs et lorsqu'il a jeté son dévolu sur un objet il a une méthode imparable: il fait d'emblée une offre importante et les autres sont tout de suite découragés! C'est comme ça qu'il a acquis les bijoux que ma mère coudra dans la doublure de nos vêtements avant l'exode.. C'est aussi là qu'il trouvera une magnifique trottinette qui a fait mon bonheur quand j'avais huit ans.. C'était une Saroléa, une marque belge, assurance de qualité et même pas importée en France, une rareté.. C'est la rougeole qui m'avait valu ce cadeau magique et cette trottinette, que je devais laisser derrière moi en 1940, était l'objet de beaucoup de convoitises.. Mon père me confisque la trottinette de temps en temps mais là, c'est ma tante Olga qui intervient: " Édouard! rends lui sa trottinette".. Il faut dire qu'elle m'adore ( nous avons grandi ensemble et elle n'a pas encore d'enfant ).. " Tu ne vois pas comme il est malheureux? Tu veux le rendre malade! Je vais lui en acheter une moi!".. Ma tante tient en face de chez nous une station service au 22 avenue Albert 1er, l'essence est plus chère au Luxembourg ces années là et les luxembourgeois s'arrêtent volontiers au 22 avant de quitter la ville.. Mais si c'est une clientèle assurée, ma tante, en tant que gérante, n'a pas le droit d'encaisser de pourboire, une plaque émaillée est là pour le rappeler au mur de la station.. Mais moi le dimanche, rien ne m'empêche de donner un coup de main et je mets ma belle casquette blanche, en faction sur le trottoir, avec un bon sourire et un bonjour pour tout le monde comme ma mère me l'a enseigné au magasin.. Les luxembourgeois se délestent de leur petite monnaie, des pièces trouées et même des pièces jaunes que je glisse dans mon portemonnaie de ceinture.. Outre mes copines qui jusqu'à aujourd'hui encore, me reprochent de ne leur avoir jamais prêtée à l'époque (mais si!), la Saroléa servait de prétexte à tous les racontars: les clientes de ma mère étaient excédées par l'envie de leur enfants, trottinette par ci trottinette par là, elles rapportaient tout ce que je faisais en dehors du magasin !.. On m'a vu en centre ville avec ma trottinette alors que ça m'est défendu, le tram y a déjà blessé un enfant, on m'a vu avec mon petit cousin à la fête foraine et sur tel et tel manège à dépenser mes pourboires.. Ma mère est vexée de devoir entendre ces rapportages mais commerce oblige, elle fait bonne figure.. Après, c'est mon tour et je ris de ses colères en disant: " mer agitée, force cinq!".. Elle me menace de la pension à la rentrée, elle prépare ma valise en me demandant exprès ce qu'elle doit mettre dedans.. Moi, ça ne me touche pas, je sais quelle n'aura jamais le courage et puis la rentrée, c'est loin.. Un soir, à table, je me rends odieux pour essayer de sortir mes parents de leur léthargie: ils travaillent tous deux douze heures par jours et le le soir, ils mangent en silence.. Excédé, mon père me gifle : c'est la première fois qu'il me frappe.. Le lendemain j'ai un coquard à l'œil.. A la maitresse j'ai menti car j'avais honte de lui dire mais ma tante, ni une ni deux, traverse la rue et j'entends encore Olga :" on va le prendre chez nous, Nous.. on le battra pas!".. Du coup, je monte dans ma chambre et en redescends avec pyjama et édredon.. Là, mon père se fâche vraiment" écoutez moi bien tous les deux: si vous faites ça!.. ça sera pour toujours: plus question de mettre un pied ici!".. Il n'en faut pas plus pour me ramener à de plus justes sentiments, je pleure au cou de mon père en protestant de mon amour pour lui et je lui promets d'être sage mais qu'il sera toujours mon Papa.. Quand les allemands sont arrivés, ils ont enlevé toutes les indications en français et je les vois encore démonter les panneaux de la station service de ma tante: "les voleurs ! ils vont prendre ma plaque des pourboires!" " tiens toi tranquille me dit ma mère, on a déjà assez d'histoires comme ça avec la Gestapo".. Eh bien cette plaque, ce soir là, je l'ai récupérée et, pour ne pas traverser la rue avec, je l'ai cachée dans un réduit, sous l'escalier dans la station et à mon retour d'exil, en 1946, elle m'attendait encore là où je l'avais cachée.. Je l'ai encore et je ne peux m'empêcher de regarder encore les traces qu'elle a laissé dans le mur, au numéro 22 quand je passe sur le trottoir.. Pour mon père et moi, ces souvenirs, tout ça est déjà loin, emporté par la guerre.. Mais nous sommes enfin réunis, tous les trois comme avant.. En 1954 je possède ma première voiture, c’est une Dyna Panhard et j’en suis très fier.. La chance fait que je trouve un garage à louer juste en face de l'épicerie, dans un immeuble qui appartient à une vieille dame de bonne famille.. Elle me demande quel genre de voiture je vais acheter car la l'entrée de l'immeuble est très juste et elle craint par dessus tout qu'on abime sa porte en bois.. Je la rassure en lui disant que c'est une 5 chevaux mais c'est quand même une voiture de standing et elle est de bonne taille.. Aussi chaque fois que je passe l'entrée, je la sens qui me surveille de la fenêtre qui surplombe le trottoir.. Je fais donc bien attention mais un jour c'est mon père qui a le malheur d'érafler la porte en passant! Il vient se garer le long de l'épicerie mais déjà la vieille dame est sur son dos: elle a ouvert sa fenêtre et crie sur mon père à travers la rue.. Je connais mon père, il n'aime rien moins qu'être ainsi montré du doigt devant tout le monde.. Il sort de la voiture et traverse la rue.. Quand il revient au magasin, nous sommes aux aguets mais il a l'air tout détendu.. Je lui demande ce qui s'est passé :" Rien.. Je lui ai juste dit qu'elle ne devait pas s'étonner d'être restée vieille fille toutes ces années: c'est parce qu'elle n'avait pas voulu laisser les hommes s'approcher de sa p'tite porte!" dans le magasin, tout le monde éclate de rire.. Avec ma Dyna, je descends à Grenoble voir Yvette Gravier.. Nous évoquons le passé depuis notre première rencontre et nous allons nous recueillir sur la tombe de son mari.. Je sais pour toujours où elle se trouve.. Yvette décède le trois mars 1970.. Sa sœur a sans doute préféré me prévenir tard, elle connaît ma sensibilité et mon attachement.. Je n’assiste donc pas aux obsèques, décidément… en revanche, je vais chaque année me recueillir sur leur tombe, celle de la « Famille Gravier » : quelle famille si ce n’est moi ? J’ai aimé ce couple autant que mes parents.. J’ai aujourd’hui quatre vingt un ans, j’ai conservé pieusement le pied à coulisse gravé à mon nom comme la petite machine singer qu’un antiquaire a déjà essayé de m’acheter sans succès : je ne la vendrai jamais car elle représente trop de souvenirs pour moi.. Monsieur Willy était né comme mon père en 1906.. Lui aussi nous a quitté pour toujours.. De monsieur Willy me reste un document dans lequel il atteste le pillage de nos biens par les allemands perpétrés avant l’inventaire officiel de saisie.. La petite table en chêne est toujours là.. Je la regarde avec un sentiment sans reproche.. J’ai aussi le blanc-seing qui autorisait mon père à porter des vêtements militaires américains, j’ai aussi une de ces chemises en lin écru du siècle passé et les habits que ma mère y a découpé pour moi.. J'ai toujours les quatre gros volumes du Larousse que ma mère avait été chercher à Lyon.. Et même la facture de 1800 francs du vélo du facteur Massot.. Il faudra que j'attende la mort de mes parents en 1965 pour ma mère et en 67 pour mon père pour découvrir un agenda où ma mère a consigné les horaires de train pour Rambervillers en 1940.. Je pardonne à mes parents mais j'ai bien peur qu'ils m'aient laissé raconter passionnément une belle histoire.. [25].. enjolivée que ma mère avait inventé pour me consoler de ne pas être du voyage vers mon père prisonnier.. Elle avait du cacher soigneusement sa bicyclette car c'est vrai qu'elle avait quand même l'air drôlement fraîche et reposée après son voyage de 140 km à bicyclette !.. Je ne saurai donc jamais l'exacte vérité et je continue à croire cette histoire qui m'avait tant remué.. A la fin de la vie de mon père, j'ai lui ai acheté une Renault16 pour que nous retournions ensemble à Milly-la-Martine où il avait survécu enfant à l'exil en travaillant comme un homme pendant la première guerre mondiale.. Je ne lui ai pas assez dit combien je l'aimais.. C'est sans lui que je suis allé revoir la menuiserie où il s'échinait à fabriquer des bondes pour tonneaux en bois entre huit et dix ans.. J'ai retrouvé la bâtisse à l'abandon sur ses indications et jusqu'à l'emplacement exact où il travaillait: comme il me l'avait décrit j'ai trouvé la chute d'eau au fond de l'atelier, la vanne qu'il manipulait pour ouvrir l'eau et les machines-outils délaissées.. Je vous ai parlé.. [26].. de cette montagne sur la route de Sisteron qui me faisait si peur: quand j'ai quitté le midi de la France en octobre 1944 l'aiguille était toujours là mais elle a fini par tomber sur la route qui passe en contrebas, le 7 mai 2004 à cinq heures du matin, en emportant une partie de la montagne mais sans faire de victimes heureusement : la route a été coupée pendant deux semaines.. Cela avait pris soixante ans mais je n'étais pas autrement surpris: il fallait bien que cela arrive un jour ou l'autre.. [27].. Quand il fût temps pour moi de reprendre l'école à la Motte du Caire et que je voyais l'instituteur en cours particuliers, celui-ci me demanda, pour voir, de lui chanter une chanson.. Je lui avait chanté l’internationale et le brave homme m'avait bien conseillé de ne plus recommencer même si je trouvais les paroles si belles.. Les communistes étaient mal vus à cette époque où les français commençaient à trouver qu'on pouvait cohabiter avec ces allemands et vivre presque comme avant.. Mais mon père était originaire de Villerupt, ville ouvrière et il avait toujours été sympathisant communiste et en plus, il sera libéré par des soldats soviétiques : d'ailleurs, à Villerupt, les américains n’avaient pas la cote comme partout ailleurs après guerre : US GO HOME, pouvait–on lire sur les murs de la ville.. De Gaulle et les américains y passaient pour des usurpateurs.. Un an après notre expulsion de Thionville, un jeune communiste dont le nom symbolise encore aujourd'hui la résistance aux allemands, était fusillé à Chateaubriand où il avait été désigné comme otage après l'assassinat d'un soldat allemand à Nantes.. Son nom est Guy Môquet.. [28].. et je me souviens encore de ce qu'il a représenté à cette époque pour les sympathisants communistes et les français que sa mort était censée effrayer: il était si jeune, dix-sept ans seulement.. Guy Môquet a écrit, avant de mourir, une lettre à ses parents qui a fait sa légende.. [29].. La nouvelle de son exécution avait circulé en France comme une trainée de poudre et avait atteint notre village d'accueil.. Son exemple m'avait galvanisé et je réalise encore la chance que j'ai eu quand les allemands sont venus nettoyer le maquis du Bayons, de ne pas avoir été là.. À mon retour en 1946, je suis revenu à Villerupt voir la seule de mes tantes restée sur place, Marthe Narreto.. Je m’en souviens bien car Marthe vivait avec son mari Angelo et leur fille à la limite entre Villerupt et Thil et que c’est là que j’ai vu de mes yeux à quoi pouvait ressembler un camp de concentration.. On avait entendu parler de ces camps à la toute fin de la guerre et à Thil restaient les traces du seul camp d’extermination par le travail sur le sol français.. [30].. Les gens d'ici se rappelaient trop bien l'interdiction formelle de nourrir les prisonniers.. Les barbelés électrifiés étaient encore là autour de baraques préfabriquées toutes neuves.. Cette usine de mort était une des dernières tentatives allemande pour fabriquer les fameux V1 qui auraient du permettre aux nazis de retourner la situation en leur faveur.. [31].. Quand je revins quelques années plus tard, il ne restait au milieu des prairies qu’un mémorial autour du four crématoire que je n’avais pas vu la première fois.. Ce four provenait des abattoirs de la ville, fabriqué par l'entreprise Muller qui existe toujours et fabrique des incinérateurs.. C'est un de mes oncles, Louis Narreto qui a réalisé la maquette du camp qu'on peut voir au mémorial.. La guerre m'a suivi jusqu'à la Sollac où je travaillais au début des années 50: je pense à Roger Godfrin, le plus jeune survivant du massacre d'Oradour sur Glane que j'ai connu quand j'y travaillais.. Dès que j'avais su son arrivée, j'avais fondu sur lui pour partager nos expériences.. Roger, comme moi à la Motte du Caire, était réfugié dans le sud ouest avec toute sa famille.. Le 10 juin 1944, son village, Oradour sur Glane, est cerné par la division das Reich et les gens rassemblés place du champ de foire avant d'être séparés, d'un côté les femmes et les enfants, de l'autre les hommes.. Roger se souvient des conseils de sa mère, fuir à la vue d'un uniforme allemand et c'est à cela qu'il doit la vie.. Il s'échappe de l'école à temps et réussit à se cacher assez longtemps pour survivre.. Les troupes allemandes assassinent 642 civils et incendient le village.. Roger a sept ans et demi et il perd toute sa famille ce jour là.. [32].. Roger restera marqué par ce qu'il a vécu à Oradour.. Il se méfie de tout ce qui porte un uniforme et il écope même de 2000F d'amende en 1981 pour outrage après avoir dit" vous n'avez rien d'autre à faire qu'à ennuyer les gens" à un policier: une honte pour la justice compte tenu de son passé.. Roger Godfrin, à la 1ère commémoration du massacre d'Oradour en 1945 (image INA).. Aujourd'hui, j'ai toujours en mémoire ces enfants pris dans la résistance pendant l'attaque du maquis de Tramalao et aux frères Pustel, les trois adolescents fusillés le 20 et le 27 juillet 1944 dans la ferme à côté.. Jacques Perret.. [33].. a écrit dans son livre" Bande à part" une phrase que je veux citer ici:.. "tout compte fait, notre commune et tacite raison, c'était de retrouver les vieux sentiers de l'école buissonnière et de s'y payer une bonne partie entre copains.. Pour le plaisir de jouer une partie de garçon et si quelques uns devaient y laisser leur peau, les graveurs d'épitaphes ne se tromperaient pas beaucoup en inscrivant pour eux:.. MORTS AU CHAMP D'HONNEUR ET EN PARTIE DE PLAISIR, coïncidence nullement désobligeante".. monument aux morts du maquis de Tramalao de Bayons( cliché mairie de Bayons).. la liste des maquisards morts au Tramalaou en juillet 1944.. Il existe une autre lettre de fusillé toute aussi touchante que celle que Guy Moquet écrivit à ses parents, c'est celle d'Henri Fertet, lui aussi inspiré par l'exemple de Guy Moquet.. [34].. et on peut aussi lire le journal d'un petit garçon en guerre(Jacques Nimier)qui retrace ces années là à Paris.. [35].. php?title=Andr%C3%A9_Alexandre,_grandir_en_temps_de_guerre,_de_l%27%C3%A9vacuation_de_Thionville_%C3%A0_l%27expulsion.. Catégories.. Mémoire.. Dernière modification de cette page le 21 mai 2014 à 20:10.. Cette page a été consultée 58 404 fois..

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  • Title: Réalisation d'une maquette de la Côte des roses - Wikithionville
    Descriptive info: Naissance du projet :.. Hommage à la Tour de la Perdrix :.. Et même un article dans le Républicain Lorrain.. Différentes étapes :.. Résultat final : à aller voir absolument à la Maison de Quartier, rue Saint-Hubert à THIONVILLE.. Remise officielle de la maquette à la mairie de THIONVILLE.. 1.. Présentation de la maquette réalisée par des élèves du collège La Milliaire.. Lieux d'exposition :.. Depuis l'année 2010, des élèves du collège La Milliaire de THIONVILLE, s'exercent à leur futur métier en réalisant une maquette évolutive du quartier de la Côte des roses dans le cadre de l'ANRU (le projet de rénovation urbaine du quartier).. La professeure en charge du projet nous en parle :.. Le projet « Maquette » est un projet de réalisation d'une maquette évolutive du quartier de la Cote des roses à THIONVILLE.. Il se déroule sur deux années scolaires (2010/2012) et implique les élèves de plusieurs classes de SEGPA (Section d'Enseignement Général et Professionnel Adapté), du Collège La Milliaire de THIONVILLE.. Ce travail a été initié par la mairie de Thionville, en parallèle du projet de rénovation urbaine mené dans ce quartier.. Ce partenariat, en présence de Mme LEBRAS, architecte du CAUE 57, Mme DUC, fonctionnaire à la Direction de l'Urbanisme et RICHARD, ingénieur, permettra la fabrication d’une maquette au 1/500ème représentant le quartier de la côte des roses avant et après cette rénovation.. Le travail sera exposé dans la salle du projet de la Maison de Quartier et sera donc visible au public à partir du mois de juin 2012.. Ce travail s’intègre pleinement dans les exigences scolaires à acquérir ainsi dans leur préformation professionnelle.. « Nous sommes fiers d’avoir été choisis pour participer à ce projet.. » nous révèle Laura.. Première étape : L'an passé, les élèves accompagnés de leurs professeurs ont été conviés par le service technique de la mairie, à une présentation du réaménagement et de la réhabilitation du quartier suivie de la demande de partenariat pour réaliser une maquette.. Dans un second temps, nous avons effectué une sortie sur les lieux pour réaliser, avec Mme Lebras, une approche sensible du quartier.. Cette découverte du terrain a permis de familiariser les élèves avec ce quartier afin de mieux se rendre compte de ce que représente celui-ci et pourquoi une rénovation s’impose.. Cette visite a apporté des éléments supplémentaires dans la problématique posée aux élèves : « Qu’est ce que le quartier de la Côte des Roses ? ».. S’en est suivi un débat, permettant à chacun de s’exprimer, d’apporter son opinion, ses impressions sur ce qu’il a vu, ressenti, perçu, au travers de ce parcours de découverte.. En outre, l’objectif de la démarche d’éducation à la citoyenneté passe par une sensibilisation au cadre de vie dans ce quartier.. Ensuite, en géographie et en histoire, une étude plus approfondie de ce quartier, son implantation, son historique, sa population développe des compétences, tant au niveau de la classe de 4ème qu’en 3ème.. La notion de patrimoine est également  ...   que d’une certaine culture à découvrir.. Les acquis des élèves seront d’autant plus riches que la découverte sera pluridisciplinaire, liant de nombreuses disciplines de l’enseignement général aux différents champs professionnels.. Professionnellement, cela peut être un apport pour les jeunes, bien sur, pour les différentes raisons évoquées précédemment mais également pour la réflexion, la rigueur et la précision que requiert ce projet.. Cela s'apparente tout à fait à ce qui est exigé dans le « monde du travail » avec par exemple une commande, un cahier des charges, de nombreux essais, des choix de matériaux, un délai pour la livraison finale.. De la même manière, les élèves prennent conscience que l'efficacité de la répartition des tâches dans un travail tel que celui-ci, à long terme et impliquant de nombreuses actions différentes.. Comme dans tous les projets, certains élèves ont très vite adhéré à celui-ci, se montrant très motivés et impliqués.. D'un autre coté, plusieurs élèves, en particulier ceux n'habitant pas Thionville, se sentent très éloignés de ce qui leur est demandé.. De la même manière, nous avons pu remarqué que les garçons sont bien plus concernés que les filles par ce projet.. « Moi ce qui m'intéresse c'est de voir la destruction de la Tour de la Perdrix », nous explique Mathieu.. Hommage à la Tour de la Perdrix par le Collège La Milliaire.. un film d'animation réalisé à partir des dessins des élèves de 4ème 5.. Les élèves ont imaginé la Tour de la Perdrix dans un autre contexte (ailleurs).. Voici l'article paru dans notre journal local.. Traçage.. Ponçage.. Vous ne serez pas déçus du rendu de cette maquette.. Retrouvez les différences avant et après la rénovation grâce à cette maquette plus de 3 mètres de long.. ENCORE FELICITATIONS A TOUS LES ELEVES QUI ONT PRIS PART AU PROJET.. Moment très important le 18 juin 2012 nous avons officiellement remis la maquette à la mairie de THIONVILLE.. Toute l'équipe ou presque.. Mme ROMANI et Angélique.. Avant la rénovation.. Après la rénovation.. Présentation de la maquette réalisée par des élèves du collège La Milliaire.. Lundi 18 juin 2012, les élèves de classes de SEGPA du collège La Milliaire ont remis la maquette du quartier de la Côte des roses à la ville de Thionville.. Ce projet, réalisé sur deux ans, a été mené en collaboration avec le service Urbanisme de la Ville de Thionville et le CAUE de la Moselle.. La maquette présente l'évolution du quartier prévue par le projet de rénovation urbaine (ANRU).. Réalisation : Thomas Guedenet.. Il semble que la maquette soit amenée à beaucoup se déplacer.. Pour le moment, allez la voir à la maison de quartier.. Monsieur le Maire en a fait une brève présentation ce vendredi 22 juin 2012 :.. Le maire et les habitants devant la maquette.. Plus d'informations sur la rénovation du quartier sur le site.. saisir le changement.. php?title=R%C3%A9alisation_d%27une_maquette_de_la_C%C3%B4te_des_roses.. Quartier.. Dernière modification de cette page le 12 juillet 2012 à 09:52.. Cette page a été consultée 20 766 fois..

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  • Title: Rencontres régionales du multimédia (12 Mars 2014) - Wikithionville
    Descriptive info: 5° RENCONTRES REGIONALES DU MULTIMEDIA (12 Mars 2014).. 4° RENCONTRES REGIONALES DU MULTIMEDIA (6 Mars 2013).. Compte-rendu de la manifestation.. 2.. Déroulement de la manifestation et exposants.. 3.. Prix du meilleur clip vidéo.. 4.. Influence Radio.. 5.. 3° RENCONTRES REGIONALES DU MULTIMEDIA (15 Février 2012).. Prix du public vidéos.. 2° RENCONTRES REGIONALES DU MULTIMEDIA (9 Mars 2011).. Le compte rendu de la manifestation.. Programme et objectif.. Présentation de la conférence de Sébastien GENVO.. 1° RENCONTRES REGIONALES DU MULTIMEDIA (26 Février 2010).. Les photos.. Une vidéo.. Cliquez sur l'affiche pour la voir en taille réelle.. Objectifs de la rencontre :.. Permettre aux acteurs de l'éducation au multimédia de Lorraine de se rencontrer, d'échanger, de construire des partenariats ;.. Valoriser des pratiques et des projets utilisant les outils multimédias, ayant un caractère éducatif en direction des jeunes, des parents ;.. Informer les jeunes sur les risques liés à ces pratiques (présentation de sites de prévention des risques, rappel espace public / espace privé) ;.. Promouvoir et faire découvrir Linux et les logiciels libres.. Cette manifestation est organisée par le Centre Le Lierre avec le soutien de la DRJSCS et de la Ville de Thionville, en partenariat avec l'université de Lorraine (l'IUT de Thionville) et du réseau d'éducation au multimédia en Lorraine (P.. E.. M).. Quelques photos de la manifestation :.. Reportages sur la 5ème édition des Rencontres Régionales du Multimédia du 12 Mars 2014 :.. Les membres de la Web TV Jeunes de Thionville étaient présents pour réaliser des prises de vue de la manifestation, des interviews des exposants et des visiteurs, et ainsi réaliser de courts reportages sur l'évènement.. Reportage sur les Rencontres régionales du multimédia du 12 mars 2014.. Un film de.. Antoine, Billy, Gamze, Jules, Kyle (10 min, 2014).. Samy Kaddour, Rémi Ledig (10 min, 2014).. L'équipe du site.. Mylorraine.. est également venu réaliser un reportage sur la journée.. Découvrez-le en cliquant.. !.. Reportage sur la 4ème édition des Rencontres Régionales du Multimédia du 6 Mars 2013 :.. Lors de ces rencontres, un groupe d'élèves du lycée La Briquerie de Thionville a participé à un atelier vidéo encadré par un intervenant du Centre Le Lierre.. Ils ont pu réaliser des prises de vue de la manifestation, des interviews des exposants et des visiteurs, et ainsi réaliser un court reportage sur l'évènement.. Reportage sur les Rencontres régionales du multimédia du 6 mars 2013.. Un film de Samy Kaddour, Yann Chavandra, Rémi Ledig, Lahsen Khalfi,.. Jérémy Dieuze, Matthieu Sordi et Rémi Bettenfeld (3 min, 2013).. 13h30 : Inauguration.. La rue :.. Logiciel 3D (IUT Thionville-Yutz).. Bibliothèque de Thionville - Service en ligne et littérature numérique.. CRIJ Lorraine - Animation Exposition "Action Innocence" (Nancy).. Les P'tits Débrouillards (Nancy).. Aux Frontières du Pixel - Jeux en ligne, Global Game Jam (Metz).. Linux et Logiciel Libre - Lycée de la Briquerie (Thionville).. FABLAB (Nancy).. Atelier Wiki-Thionville - Centre Le Lierre (Thionville).. Web Radio MIXLOR (Knutange).. Animation sonore - M.. Cossin (Thionville).. Jeux Indépendants - Centre Le Lierre (Thionville).. Musique Assistée par Ordinateur - MAO (Jeunes de Metzervisse).. Mezzanine :.. Atelier "Les Web TV Jeune" (Epinal, Thionville, Nancy, Revigny, Metz).. Dessins animés par ordinateur - MJC Desforges (Nancy).. Kinexpo - Exposition "Le Jeu Vidéo" (Nancy).. Grégory LE - Gengis Kahn Artwork - Palette graphique, Atelier BD numérique.. Les salles :.. De 14h00 à 16h00 :.. Projection vidéo - Festival Transfontalier Créa'Jeunes.. (Saarbrücken).. L'assolatelier (Uckange).. Amphi :.. 14h30 à 15h30 :.. Diffusion de clips vidéo des étudiants de l'IUT (Thionville-Yutz) Sur le thème "Je suis un média".. 16h00 :.. Projection vidéo dans le cadre du Festival Transfrontalier Créa'Jeunes et l'Assolatelier.. 17h00 :.. Web TV Jeune de Lorraine : sélection de reportages.. 18h00 : Annonce du Prix du Public.. Prix du meilleur clip vidéo et du meilleur jeu créé lors de la Global Game Jam.. Lors de cette 4ème édition, les étudiants de l'IUT Thionville-Yutz ont organisé un concours du meilleur clip vidéo.. Il s'agissait de réaliser une vidéo (de 3 à 5 minutes) sur le thème :.. "Je suis un média".. Ce concours a remporté un vif succès, et pas moins de 16 clips ont été réalisés.. Le prix du public pour le meilleur clip vidéo a finalement été attribué au film.. "Influence Radio".. Un film de Angelo Leone, Joël Bauer, Jordan Muller.. Retrouvez l'ensemble des films diffusés dans le cadre du concours vidéo sur  ...   prise en charge par un groupe d'étudiants de l'IUT.. Cette journée a permis de renforcer les liens entre structures concernées par les activités liées au multimédia, organisatrices de projets et inscrites dans des réseaux d'éducation populaire de Lorraine.. Mais aussi entre parents et enfants, entre adultes et jeunes.. Reportage France 3 Metz du 9 mars 2011 sur la rencontre salle Schweitzer.. Liens externes :.. • Thionville Tv.. un reportage de 3 mn.. • Sur le blog kamui57.. et les vidéos.. • le blog Kinexpo.. on peut voir les dessins réalisés avec la palette graphique.. • Sur le forum Ubuntu.. Reportage Atelier vidéo Le Lierre du 9 mars 2011 sur la rencontre salle Schweitzer.. Téléchargez le dossier de presse.. Objectif de la rencontre :.. • La présentation d'expérience significative d'une pratique du multimédia éclairée et créative.. • La découverte et la promotion de Linux et des logiciels libres.. • Les échanges entre structures, entre les jeunes pratiquants.. • La prévention des risques : comportement addict, la distinction sphère privée/sphère public sur internet, les droits à respecter.. • La découverte des métiers du multimédia.. • La critique positive par des « retour sur » certaines expériences Lorraines avec les porteurs et participants aux projets.. • La participation de personnes ressources spécialisées sur certains domaines (jeux vidéo, création, prévention, perspectives professionnelles,…).. • La présentation d'exposition.. • De démystifier ”La machine” : en montant/démontant des ordinateurs.. • Réflexion autour de la pratiques des jeux vidéo (et en ligne).. • Proposer une ouverture sur d'autres pratiques d'internet (blog, tchat, MSN, forum, youtube, usage collaboratif,.. ).. Cette manifestation s'adresse :.. - aux jeunes de 8 à 20 ans.. - aux animateurs, éducateurs aux multimédias.. - aux associations de la région Lorraine.. - aux parents.. Déroulement des Rencontres Régionales du Multimédia :.. Le mercredi 9 mars de 13h30 à 19 h00, à Thionville, Salle Schweitzer.. • 13h30 / 14h00 : Accueil des participants.. • 14h00 : présentation des ateliers de pratique et animation par des jeunes Jeux vidéo / RPG Maker en pratique / Logiciels libres / la machines (monter / démonter) / Créer avec une palette graphique / Court métrage / Film animation / réalisation vidéo / création de contenus pour blog / utilisation du wikithionville (web collaboratif).. • à partir de 15h30 : des séances de diffusion vidéo.. • Un temps de réflexion avec un intervenant pour donner quelques éléments d'analyses de pratiques, quelques repères, souligner les risques et les avantages des pratiques d'internet et du multimédia chez les ados.. • Un temps de synthèse général en fin d'après midi : un retour sur l'expérimentation dans les ateliers.. Titre :.. Les jeux vidéo, une nouvelle forme d'expression ?.. Résumé : Considérés comme un phénomène de mode pour adolescents jusqu’à la fin des années 90, les jeux vidéo acquièrent depuis une dizaine d'année une légitimité nouvelle, qui se traduit en France par une institutionnalisation dans les secteurs de la culture et des arts.. Dès lors, ces entreprises de légitimation incitent à poser sur le domaine de nouveaux questionnements encore peu abordés : le jeu vidéo peut-il être considéré comme une nouvelle forme d'expression, au même titre que le cinéma ou la littérature ? Quelles seraient ses spécificités esthétiques ? Peut-on véritablement considérer le jeu vidéo comme un "bien" culturel ? La présente conférence proposera d'apporter quelques pistes de réflexion à ces interrogations multiples.. Biographie : Sébastien Genvo est maître de conférences à l’université Paul Verlaine - Metz (IUT Thionville - Yutz) et membre du Centre de recherche sur les médiations.. Anciennement game designer et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, ses recherches abordent les enjeux économiques, culturels et esthétiques de ce médium.. Il a publié récemment Le jeu à son ère numérique.. Comprendre et analyser les jeux vidéo, aux éditions L’Harmattan.. Site web :.. ludologique.. com.. Voir le compte rendu de la manifestation sur le site.. Generationcyb.. net.. Voici une vidéo qui donne une idée de la première édition organisée le 26 février 2010.. Cette vidéo a été réalisée par Xavier Muller et son groupe de jeune du service jeunesse de la commune de Rouhling.. voir le site du service jeunesse de Rouhling.. Contact : Thierry Léger / 03.. 70 / pole.. multimedia@lelierre.. org.. php?title=Rencontres_r%C3%A9gionales_du_multim%C3%A9dia_(12_Mars_2014).. Associatif.. Dernière modification de cette page le 17 juin 2014 à 10:05.. Cette page a été consultée 10 706 fois..

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  • Title: Saïd Nafa, la soif d'apprendre - Wikithionville
    Descriptive info: La pratique du vélo arrange beaucoup de choses : tout le corps travaille, les jambes, le dos, c’est un médicament.. Saïd Nafa va jusqu’à Shengen, Remich et même plus loin, gravir « les bosses » de la région.. Il pourrait appartenir à un club mais il préfère rouler comme il veut, il part et il finit toujours par rejoindre un peloton sur le chemin, il roule pour le plaisir et il n’a rien à prouver à personne : il est libre.. photo Brigitte Lambert.. Au début le vélo, c’était rafistoler celui des enfants pour être avec eux sur la piste et puis Saïd Nafa y a pris gout.. Il a trois garçons: le premier est dans l’import export, le deuxième dans le journalisme après des études en sciences politiques, le troisième est au lycée Louis Le grand à Paris.. Pour ses enfants, Saïd Nafa a choisi l’enseignement privé : ils ont tous les trois fait leurs études à St Pierre Chanel à Thionville.. Saïd habite encore à la Cote des roses, il aurait pu acheter une maison et négliger les enfants mais il voulait avant tout qu’ils arrivent à se débrouiller dans la vie sans lui et il a donné à ses enfants ce que lui n’a pas eu dans sa jeunesse.. Ils ne passeront pas par là où il est passé, lui.. La réussite vient de l’école, pas de diplôme, pas de reconnaissance ni de récompense.. En choisissant l’éducation pour ses enfants, il a mis fin à une dynastie d’illettrés.. l'entretien se passe dans l'atelier linge (photo Brigitte Lambert).. A l’indépendance, après cent trente deux ans de présence française, les algériens ne possèdent même pas la langue écrite : à vingt ans Saïd ne sait pas écrire un mot en arabe.. A la fin de la guerre, les écoles s’ouvrent mais seuls les enfants de riche en profitent.. Saïd vient d’une famille de cultivateurs de la région de Tizi Ouzou en Kabylie.. Un berger ne peut que constater la réussite des autres.. Orphelin de mère depuis l’âge de deux ans et obligé de grandir avec la deuxième femme de son père Saïd a besoin de prendre le large.. A Alger, il pousse la porte du bureau de main-d’œuvre et le voilà transporté à Marseille, dans un autre monde.. Saïd comprend vite qu’il n’a qu’une seule solution pour s’intégrer, apprendre la langue.. A l’AFPA, il  ...   gaz, c'est très délicat à manipuler et c'est toujours lui qu'on appelle pour faire un joint hydraulique: l'eau est la seule chose qui garantit l'étanchéité du joint.. En 1976 il passe au train à chaud et devient pontier.. Au début il se tracasse et puis il apprend : la nuit il lit des livres de technologie.. En un an il apprend ce qu'on apprend en trois.. Ce n’est pas le savoir-faire qui lui manque mais les diplômes.. Des fois c’est révoltant : il a les responsabilités mais ses supérieurs ne valident pas ses compétences.. Saïd est pontier et il sait ce qui fait fonctionner un pont : quand il voit une machine, il faut qu'il comprenne comment ça marche.. Il formera les hommes qui finiront par devenir ses chefs.. Et il n'est pas seulement pontier mais opérateur de gestion du parc des brames.. : il est capable de programmer les flux de commandes par informatique.. Il fallait s’accrocher.. Saïd restera en poste jusqu’à la fin de la sidérurgie.. Il prend sa retraite en 2006.. Il a eu la chance de rester jusqu’au bout : les usines vont se vider.. A la fin, plus besoin de personnel au sol, il sera seul pour manœuvrer le pont depuis l’écran de l’ordinateur.. En 1983 Saïd se marie.. Sa femme doit être simple et capable de se sacrifier comme lui pour les enfants.. C’est important quand on doit faire un bout de chemin ensemble : chacun doit penser à l’autre et tenir compte de son avis : les décisions se prennent en commun.. La famille vit à la Côte des roses c’est le plus près de l’école car les Nafa n’avait pas les moyens de mettre les enfants en demi-pension.. Cela fait vingt sept ans qu’ils sollicitent le bailleur pour louer ou acquérir une maison.. Mais en vain et Saïd Nafa ne comprend plus rien!.. Le nouveau directeur de l’agence lui donne beaucoup d’espoir, en tout cas il a semblé le comprendre.. Monsieur Nafa est prêt à changer de quartier, il faut de la mixité sociale, du respect et tout va bien.. « Nous sommes tous venus de pays différents, la seule chose qui nous unit c’est la république, il faut la respecter.. article publié sur saisir le changement.. php?title=Sa%C3%AFd_Nafa,_la_soif_d%27apprendre.. Portraits.. Dernière modification de cette page le 25 août 2013 à 14:35.. Cette page a été consultée 10 611 fois..

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  • Title: Elisabeth Fath, la culture de la solidarité et de l'entraide - Wikithionville
    Descriptive info: Elisabeth Fath est bénévole au Secours Catholique de Thionville, au même titre que les autres bénévoles.. Mais même si elle ne le met pas en avant, elle est avant tout une sœur de la congrégation de Sainte Chrétienne depuis l’âge de vingt ans.. Sainte Chrétienne est une congrégation.. fondée en 1807 par un couple sans enfant qui avait caché des prêtres réfractaires sous la révolution et beaucoup fait pour l’éducation des enfants et le soin des malades.. Les sœurs font vœux de pauvreté mais pas de misère, vœux de chasteté pour être disponibles à un amour universel et leurs projets sont toujours soumis à l’accord de la congrégation.. Les sœurs ne portent plus le costume traditionnel qui était le costume ordinaire des femmes de la campagne du XVIIIème siècle.. Pour rester fidèle à cette idée, le costume s’est simplifié de plus en plus jusqu’à disparaître.. La congrégation.. compte aujourd’hui environ deux cent sœurs dans le monde dont moins de cent en France.. La congrégation est responsable et propriétaire de trois établissements scolaires secondaires en France et de trois en Autriche.. A Rustroff, la grande école de Saint Chrétienne n’existe plus, il ne reste qu’une grande maison où Elisabeth et deux autres sœurs vivent leur retraite.. L’aînée des trois a quatre vingt trois ans et se passionne pour le jardin, la deuxième, se consacre entre-autre aux « restos du cœur » et Elisabeth à la pastorale des funérailles.. Les sœurs ont le devoir de travailler pour subvenir à leurs besoins et Elisabeth Fath était professeur de biologie.. Elle a enseigné dans plusieurs écoles de la congrégation notamment à Longuyon où elle a été aussi directrice durant quatorze ans avant de devenir responsable de la congrégation pour la France.. La congrégation est très présente en Afrique.. Et c’est de là que vient aujourd’hui une grande partie des nouvelles sœurs.. Elles ont  ...   une tâche importante pour les sœurs en Afrique.. Le silence, la difficulté de parler, aggravent la situation des malades.. De la même façon en France, le rejet que subissent les séropositifs fait de cette maladie une pauvreté.. Parce qu’elle est attentive aux besoins du temps, Elisabeth Fath a travaillé longtemps avec Aides puis avec Zaï, une fondation messine qui vient en soutien aux malades exclus à cause de leur maladie donc en particulier les séropositifs.. A la permanence du Secours Catholique de Thionville, il s’agit de dépanner les gens dans l’urgence.. Mais Elisabeth Fath pense que les vrais pauvres ne viennent plus jusqu’à eux.. Ils restent enfermés dans leur misère et ne pensent même pas à demander de l’aide.. Ceux qui viennent savent souvent tirer les bonnes ficelles, bien sûr mais beaucoup parmi eux ne mangent pas tous les jours à leur faim.. Parmi eux les femmes seules avec enfant sont de plus en plus nombreuses : les pères sont partis ou absents ou au chômage et ne versent pas de pensions.. Alors en plus de l’accueil et de l’écoute, on donne souvent des bons alimentaires et parfois des jouets et des vêtements à ces jeunes mères isolées.. C’est un peu pernicieux car cela dépanne mais cela n’aide pas vraiment à mettre debout.. Alors que le secours catholique a normalement en priorité une mission éducative comme le soutien aux devoirs pour les enfants et des cours de cuisine pédagogique pour les mères.. Quand on aide les gens on reçoit beaucoup en retour.. Les gens vraiment dans le besoin que l’on peut rencontrer au Secours Catholique, ceux qui sont abîmés par la vie, se révèlent dès que s’installe un lien avec eux.. « Les pauvres évangélisent ceux qui les aident ».. php?title=Elisabeth_Fath,_la_culture_de_la_solidarit%C3%A9_et_de_l%27entraide.. Dernière modification de cette page le 12 août 2010 à 10:31.. Cette page a été consultée 9 911 fois..

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  • Title: André Alexandre: Mémoire d'un gosse de dix ans. - Wikithionville
    Descriptive info: Rumeur de guerre.. Radio Moscou.. Déclaration de guerre.. Enfermé dans un sac.. Les femmes prennent la relève.. Défense passive.. La piqure.. La drôle de guerre.. L’évacuation.. Réfugiés à Collonges.. L’exode.. Une vocation précoce.. Retour à Thionville.. Chasse aux souris.. Une belle histoire.. Les restrictions.. Un béret français.. Racket.. Monsieur Willy.. J'ai neuf ans, autour de moi on parle d'une guerre avec les allemands.. : il dit que l'Allemagne a signé un pacte de non agression avec la Russie alors que l'an passé c'était avec la France et que les communistes ont perdu la cote d'amour.. Les bulletins de l'étranger diffusés en français disent que nous sommes les plus forts: « notre puissance de feu, notre ligne Maginot.. , nos bases retranchées ….. nous vaincrons ».. Mon père a l'oreille collée au poste, il ne faut pas le déranger mais je demande quand même : « dis papa, prolétaire c'est la même chose que propriétaire? C’est exactement le contraire! Et les belligérants, ils gardent les moutons? » Il faut que j'arrête de poser des questions idiotes.. Mon père parle beaucoup de cette guerre idiote et du sort des enfants espagnols victimes du caudillo Franco.. Il me regarde et dit « et celui-là, que va t-il devenir? Faut-il le mettre dans un sac et aller le jeter dans la Moselle?» Ainsi tout doit finir si tôt et si mal.. Cela fait deux ans que je le fréquente et je vois les rangs  ...   notre nouvelle maison.. Nous rentrons tassés à l'arrière du camion avec les provisions de lait.. Ce que nous ne savons pas.. c'est que nous avons étés fichés sur un registre des français inconditionnels par des pro-allemands infiltrés à la mairie, une cinquième colonne thionvilloise.. Je pardonne à mes parents mais j'ai bien peur qu'ils m'aient laissé raconter passionnément la belle histoire que ma mère avait inventé pour me consoler de ne pas être du voyage.. Elle avait du cacher soigneusement sa bicyclette car c'est vrai qu'elle avait quand même l'air drôlement fraîche et reposée après son voyage de 140 km à bicyclette ! Je ne saurai donc jamais l'exacte vérité et je continue à croire cette histoire qui m'avait tant remué.. retrouvailles avec avec mes parents.. Mais c’est finalement le jour de notre expulsion, le 31 août 40, nous sommes sur la liste noire et je suis anxieux de savoir si nous partons pour le bon côté, je regrette encore Collonges les premières.. En 1946, quand je reviendrai à Thionville après six ans d’errance, retrouver mes parents réunis à nouveau, j’irai saluer monsieur Willy.. Nous serons contents de nous revoir après toutes ces années, complètement détachés du souvenir d’une passade amicale.. Monsieur Willy m’invite à entre et me présente sa famille : il s’est remarié et a deux beaux enfants.. php?title=Andr%C3%A9_Alexandre:_M%C3%A9moire_d%27un_gosse_de_dix_ans.. Dernière modification de cette page le 17 février 2012 à 12:12.. Cette page a été consultée 9 863 fois..

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  • Title: Le monde de GOUGLE - Wikithionville
    Descriptive info: On se pose des questions.. Envoyer des messages aujourd'hui….. Avec internet on peut tout avoir….. Le Monde de Gougle.. La réalisation du film….. Internet, les médias, Mp3 et tout ça…, c'est bien compliqué quand on en parle.. Mais quand on les utilise c'est plus facile.. On a d'abord fait des recherches dans GOUGLE… pour comprendre!.. Une affaire qui remonte à l'antiquité….. Gougle nous dit d'aller chez WIKIPEDIA.. Il parait qu'un dieu s'ocuppait de la Communication entre eux et les hommes.. Il s'appelait Hermes et son père Zeus lui a même dit qu'il était le seul à pouvoir parler avec ceux du royaume des morts et leur chef Hades (le seigneur de l'ombre).. Pour amener les messages, il avait des chaussures comme des basquettes avec des ailes, pour aller partout où il voulait.. Hermes.. le dieu de la communication de l'antiquité, dessiné par les enfants.. Aujourd'hui, c'est différent.. Nous utilisons d'autre moyens pour envoyer des messages : par le tel portable, par MSN.. Pourtant, le plus courant, c'est  ...   est arrivé à Cédric.. Lui, il voulait un vélo et il croyait qu'internet pouvait lui donné, mais….. un film de Cédric, Jenisha, Nathan et Romain (2 mn / février 2008).. Réflexion avec les enfants sur l'usage d'internet.. En effet, sur internet on trouve tout ! Mais trouver n'est pas obtenir.. c'est cette expérience qu'évoque cette petite fiction.. Pour réaliser ce film, on a écrit un scénario, puis chacun a pris un rôle : Cédric l'acteur, Nathan Perche-man, Jenisha scipte et Romain la caméra.. Tourner les scènes, des fois c'est dur ! Cédric devait rejouer au moins trois fois la scène.. Il se trompait dans les phrases.. Mais, c'était bien et toute l'équipe a réussi faire tout le film.. Maintenant, on nous a dit qu'on pouvait le mettre sur internet… c'est super, on pourra même le voir de chez nous….. lien externe.. Voir l'article sur le blog Hermes-Lelierre.. php?title=Le_monde_de_GOUGLE.. Webtv.. Dernière modification de cette page le 12 février 2013 à 23:51.. Cette page a été consultée 8 052 fois..

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